9 . Traumatismes de Guerre

9. Traumatismes de Guerre

Les semaines qui suivirent furent presque idylliques pour Charlie et Charlotte. Ils passaient tout leur temps libre ensemble, savourant le début d’une histoire sans nuages. Toutefois, les fréquents allers-retours du jeune homme le fatiguaient de plus en plus et certaines nuits, il se réveillait, le souffle court, après d’affreux cauchemars. Charlotte voyait bien que quelque chose n’allait pas et qu’il s’agissait bien plus qu’un traumatisme dû à son passé. Pour le moment cependant, elle ne voulait pas encore lui en parler, leur relation était bien trop récente pour qu’elle se permette de le presser sur des sujets si personnels. En attendant, elle le laissait tranquille, et ils continuaient à faire comme si tout allait bien. Elle savait pertinemment qu’à long terme, il faudrait envisager une autre solution pour se voir, car elle avait conscience qu’avec tous ces trajets quotidiens et épuisants, c’était lui qui fournissait le plus d’efforts dans leur relation.

Effectivement, tous les jours, Charlie transplanait non pas une, mais deux fois vers la réserve en Roumanie pour aller travailler. La jeune femme constatait à quel point, magique ou non, le procédé était épuisant. Pour l’avoir subi une fois, elle n’avait eu aucune envie de récidiver alors que lui, le faisait au moins quatre fois par jour… quand il n’était pas appelé en pleine nuit ! Cela aussi avait été une nouveauté pour elle, quand il lui avait signalé qu’il avait fait relier sa petite cheminée au réseau sorcier. Le réseau sorcier… Elle n’avait compris de quoi il en retournait que le jour où l’un des membres du Conseil des Créatures Dangereuses était sorti de l’âtre, époussetant la cendre de ses vêtements comme si de rien n’était. Ce dernier, un sorcier entre deux âges et habillé de vêtements très colorés, s’était invité dans son salon et avait attendu que Charlie rentre pour s’entretenir avec lui sur le cas de deux dragons qui avaient été vus à la frontière écossaise. Tout allait bien dans le meilleur des mondes !

Depuis qu’elle fréquentait un sorcier, la vie de Charlotte avait radicalement changé. Ses habitudes avaient été chamboulées du tout au tout. Sans vraiment y faire attention, le jeune homme avait peu à peu envahi son quotidien et son appartement. Quand elle allait dans sa salle de bain, ses produits de beauté côtoyaient dorénavant des objets pour le moins masculins. Une deuxième brosse à dents avait même rejoint la sienne… Sans compter tous les artifices magiques qu’il utilisait. C’était étrange de se dire qu’elle vivait en couple dorénavant, et qui plus est avec un sorcier ! Aucun des deux n’avait voulu sauter d’étapes, mais les circonstances ne leur avaient guère laissé le choix.

Et s’il n’y avait pas que cela… Elle avait envisagé de fermer la boutique et de rejoindre Charlie directement en Roumanie avant de se dire que c’était une très mauvaise idée. L’amour pouvait être terriblement dangereux pour les neurones, avait-elle alors songé, un peu effrayée. Elle ne parlait pas un mot de roumain et ne se voyait vraiment pas vivre là-bas. Elle en eut un peu honte, mais chassa son malaise d’un revers de main. Elle ne voulait pas être trop loin de ses grands-parents, parce qu’ils étaient la seule famille qu’il lui restait. En parlant de famille, seulement quelques semaines après que sa relation avec Charlie ait réellement débuté, Charlotte avait annoncé la nouvelle à ceux qui l’avaient élevée. Ils avaient été très heureux pour elle et espéraient rencontrer prochainement ce brave jeune homme qui avait réussi à capturer son cœur.

Un dîner avait été organisé un mois plus tard et Charlie avait plutôt fait bonne impression. Ses grands-parents avaient été positivement ravis et l’avaient félicitée pour son choix, comme lorsqu’elle avait acheté un nouvel appareil électroménager l’an dernier. Il faut dire que Charlie avait su les charmer au-delà de toute espérance, tout comme son nouveau lave-linge.

Puis le train-train quotidien s’était installé et…

— Tu me parais bien songeuse, déclara l’homme de ses pensées tout en l’observant avec attention.

Ils étaient à table, l’un des rares soirs où Charlie rentrait tôt. Il la regardait et semblait préoccupé. Il avait le teint blafard et des cernes énormes sous les yeux constata-t-elle, le cœur serré.

— Tu penses prendre bientôt quelques jours de congé ? demanda Charlotte en triturant ses brocolis vapeur dans son assiette – régime quand tu nous tiens.

— Non, répondit-il en enfournant dans sa bouche un gros morceau de steak avec quelques frites.

L’appétit coupé, elle repoussa son assiette avec un soupir frustré.

— Tu sais, commença Charlie, se méprenant sur ce qu’elle ressentait, je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à perdre du poids. Je préfère de loin les femmes avec des formes, comme ma mère, plutôt que les sacs d’os.

La jeune fille le contempla brièvement en arquant un sourcil.

— Tu veux que je ressemble à ta mère ?

Elle avait cru qu’en lui disant cela, il la contredirait plus vite que l’éclair, mais il prit le temps d’avaler son verre de vin rouge avant de reprendre :

— Tu lui ressembles déjà un peu du point de vue du caractère, à ce que j’ai découvert, dit-il de façon très maladroite.

Un long silence accompagna sa phrase.

— Non, je ne souhaite pas coucher avec ma mère, rectifia-t-il en la voyant faire la grimace, mais… Je ne veux pas que tu t’affames pour me plaire. Tu me plais déjà beaucoup comme tu es.

Charlotte n’en croyait pas ses oreilles. C’était bien les hommes de croire que les femmes n’avaient d’autres buts dans la vie que de vouloir leur plaire. Elle était loin de ce genre de frivolités et il aurait dû commencer à le savoir. Elle récupéra son verre vide ainsi que la bouteille et se servit un peu d’alcool avant de porter le cristal à ses lèvres.

— Pour tout te dire, dit-elle après avoir bu, j’étais en train de penser que je ne connaissais toujours pas ta famille. Je sais que vous êtes sept enfants, tous des garçons sauf la petite dernière, rectifia-t-elle. Ta mère ne travaille pas et s’occupe de la maison. Ton père, quant à lui, travaille au ministère magique… Enfin bref, tu ne nous as pas présentés et je ne sais même pas s’ils connaissent mon existence.

Charlie s’essuya la bouche avant de s’adosser plus confortablement à sa chaise.

— Non, Charlotte, pour le moment je te garde secrète. Non pas que je n’en ai pas envie, mais crois-moi, même si je les adore tous, ils peuvent vite se montrer très collants et intrusifs, surtout ma mère.

— Ah. Ce n’est pas parce que tu as honte de sortir avec une Moldue, alors ? demanda-t-elle d’une toute petite voix.

Cette histoire la travaillait depuis un long moment. Ils venaient de deux univers totalement différents. Elle avait donc naturellement peur qu’il lui préfère un jour une jolie petite sorcière qui n’écarquillerait pas les yeux devant le moindre petit sortilège. Sans parler de son handicap…

Charlie la contempla, soucieux. Ses lèvres ne formaient plus qu’une mince ligne droite sur son visage figé. Il semblait même en colère. Il se leva brusquement et alla droit sur elle. Il attrapa son bras et la força à se lever à son tour, puis il prit son menton de ses doigts en un geste tendre et redressa son visage vers lui. Elle déglutit difficilement.

— Écoute-moi bien, Charlotte Fraser, car je ne te le répéterai pas deux fois, déclara-t-il d’une voix  rauque. Je t’interdis de te sous-estimer de cette façon. Je me fiche de savoir si tu es une sorcière ou une Moldue. Tu pourrais être un troll ou un gobelin que cela ne changerait rien pour moi. Tu es celle avec qui j’ai envie d’être. Si jamais mes parents n’étaient pas contents de ce choix, cela ne changerait strictement rien non plus. De toute façon, ça ne les regarde pas, c’est ma vie, donc mes problèmes. Tu as compris ?

La jeune femme hocha de la tête avant de soupirer de soulagement.

— Parfois, je me sens si stupide, murmura-t-elle en baissant les yeux.

— Tu es loin de l’être. Je te le répète, je te les présenterai un jour, mais crois-moi, quand ça sera fait, tu regretteras ces jours bénis où ils ignoraient encore ton existence !

Elle lui sourit, prête à se remettre à table, mais le jeune homme avait envie de toute autre chose.  Fermement, il l’entraîna dans la chambre et la fit basculer sur le lit.

— Bien, il est temps que je te montre de manière plus claire et précise ce que j’éprouve en partie pour toi !

Il fit bouger ses sourcils en souriant effrontément et elle explosa de rire avant qu’il ne se jette sur elle pour l’embrasser.

oO§Oo

Il n’arrivait pas à s’endormir. Il allait devoir bientôt se lever et il n’avait même pas fermé l’œil de toute la nuit. Pourtant, il avait passé une agréable soirée. Le week-end prochain, il emmènerait Charlotte sur le chemin de Traverse pour se rendre chez l’apothicaire récupérer des potions de sommeil. Il ne pouvait plus continuer comme cela. Et peut-être devrait-il envisager de faire un saut à Ste Mangouste, cela faisait longtemps et il n’avait pas honte de se faire aider par un psychomage. En y repensant, il n’aurait jamais dû arrêter les séances l’année dernière. Finalement, il finit par s’assoupir, mais se réveilla en sursaut, le corps en sueur.

Charlotte avait fait un bond et s’était retrouvée par terre. Elle se redressa en se frottant les fesses  et l’observa avec attention.

— Je suis désolé, Charley, marmonna-t-il en se frottant le visage.

— Tu as encore fait un cauchemar ? demanda-t-elle, soucieuse.

— Oui, et c’est de plus en plus récurrent, soupira-t-il en s’appuyant contre le mur.

Charlotte ne lui répondit pas et sortit de la chambre. Il se demanda ce qu’elle était partie faire. Il aurait aimé se lever, mais sa tête le faisait atrocement souffrir. Il détestait ces migraines qui le clouaient au lit parfois des journées entières. Ce n’était guère le moment, en plus.

Elle revint quelques minutes plus tard avec un verre d’eau et deux bonbons blancs qu’elle lui tendit. Il les prit tous les deux et les regarda bizarrement.

— Qu’est-ce que c’est exactement ? questionna-t-il suspicieux.

— Des médicaments contre les céphalées. Je t’ai vu te masser le front et tu as fait quelques apnées du sommeil.

Au lieu de les prendre, il continua à les fixer étrangement.

— Tu es certaine que c’est sans risque ? voulut-il s’assurer.

— Absolument Charlie. Maintenant, fais-moi plaisir, sois un gentil garçon, tu ouvres grand la bouche et tu les avales en descendant cette eau cul sec.

Il fit ce qu’elle lui demandait et s’adossa un peu brutalement contre le cadre du lit, tandis qu’elle essayait de bien remettre les oreillers derrière lui.

— Il est quelle heure ?questionna-t-il la bouche un peu pâteuse.

— 4H30 du matin, répondit-elle.

Il ferma brièvement les yeux avant de les ouvrir.

— Je ne pense pas que je vais pouvoir travailler aujourd’hui, marmonna-t-il. Je serai dans l’incapacité de transplaner sans me désartibuler aux quatre coins du pays.

— Te désarticuler ? répéta-t-elle, ayant peur d’avoir mal compris.

— Désartibuler, rectifia-t-il. C’est quand une partie de ton corps reste à l’endroit de départ et qu’une autre se trouve à l’arrivée. C’est pourquoi il y a des règles strictes sur le transplanage et que peu de sorciers l’utilisent régulièrement, et surtout pas pour de très longues distances.

— Et toi, tu fais ça quatre fois par jour ? s’exclama-t-elle surprise. Et tu ne me le dis que maintenant ?

Charlotte semblait furieuse. Il n’avait vraiment aucune envie de se battre avec elle aujourd’hui.

— Écoute, c’était soit ça, soit on ne se voyait pas, grogna-t-il.

— Mais quand même, souffla Charlotte. Ce n’est pas trop risqué ?

Elle avait adopté une toute petite voix et la colère qu’il sentait poindre retomba instantanément. Elle se faisait du souci pour lui. Elle n’était pas comme sa mère qui lui aurait interdit de le refaire. Molly Weasley ne savait pas faire autre chose que de s’inquiéter pour ses enfants, même si ces derniers étaient des adultes depuis un moment.

— Viens ici, murmura-t-il en lui tendant les bras.

Elle s’y lova et il se sentit déjà un peu mieux. Oui, transplaner comme il le faisait était très dangereux, mais il ne regrettait absolument pas les dangers qu’il encourait à chaque fois. Toutefois, sans doute devrait-il envisager une solution sur le long terme.

oO§Oo

Charlotte fut réveillée par d’horribles grognements et le lit qui tanguait.

— Qu’est-ce qu’il se passe ici ? s’écria-t-elle, choquée.

Elle voulut descendre, et quand elle le fit, elle s’affala par terre. Elle était tombée parce que le lit touchait à peine le sol. Avisant l’autre côté, elle vit que Charlie se débattait comme un beau diable sous la couverture.

— Non ! Non ! Non ! gémissait-il. Maman, non ! Je ne peux pas croire que Fred soit… Non !

Il se redressa d’un coup en position assise, haletant, et le lit retomba brutalement sur le plancher dans un bruit assourdissant.

Charlotte, tétanisée, le regarda avec les yeux exorbités. Il se passa une main tremblante sur le visage avant de se tourner vers elle.

— Qu’est-ce que tu fais par terre ? demanda-t-il d’une voix enrouée.

— Qui est Fred ? voulut-elle savoir au lieu de lui répondre. Et pourquoi tu es dans un état pareil ?

Charlie sortit du lit et l’aida à se relever.

— Charlotte, qu’est-ce qu’il s’est passé s’il te plaît ? redemanda-t-il avec une certaine urgence dans la voix.

La jeune femme massa son postérieur douloureux avant de se rendre dans la cuisine. Elle avait besoin de sa dose de caféine avant de discuter avec lui. Elle alluma sa machine à café tandis qu’elle faisait chauffer de l’eau pour le thé de son compagnon. Ce dernier prit place sur la petite table.

— Tu as fait un cauchemar, commença-t-elle en sortant des céréales.

— C’était la première fois que ça te dérangeait comme ça ? demanda-t-il.

— Non, dit-elle. Tu en fais de plus en plus régulièrement. Tu veux des toasts ?

— Non, merci, répondit Charlie.

Il semblait réfléchir à quelque chose. Il croisa ses bras musclés sur son torse et tourna son regard vers elle, puis soupira.

— Charlotte, viens t’asseoir à côté de moi, lâcha-t-il d’une voix sourde. Il y a quelque chose dont je voulais te parler, mais je n’en ai jamais vraiment eu le temps… Et pour tout te dire, j’avais peur que cela te fasse aussi fuir.

La machine commença à vrombir avant de faire couler le breuvage noir dans un goutte-à-goutte rassurant.

— C’est en rapport avec ton passé ?

Il hocha de la tête.

— Il y a plusieurs années de cela, le monde sorcier britannique a vécu une époque terrible.

La jeune femme refoula son envie de plaisanter pour dédramatiser la situation. Elle voyait bien qu’il souffrait et que cela avait un rapport direct avec ce qu’il avait vécu. Au lieu de rire, elle prit une des mains de Charlie dans la sienne et la serra en guise de soutien. Il lui accorda un bref sourire et reprit :

— Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom voulait dominer le monde et éradiquer tous ceux qui n’étaient pas sorcier au sang pur. La bataille fut terrible, terrible ! termina-t-il dans un murmure à peine audible.

Ses yeux étaient rouges et larmoyants. Charlotte en conçut un tel chagrin pour lui qu’elle se retint de se jeter dans ses bras pour l’étreindre. Elle voyait bien qu’il prenait beaucoup sur lui pour pouvoir raconter tout cela et… que ça lui coûtait énormément.

— J’ai perdu un frère. Il s’appelait Fred et c’était l’un des types les plus heureux de vivre que j’ai eu la chance de connaître. Son jumeau, George, a perdu une oreille dans cette maudite guerre et depuis… Même si nous avons gagné, je vis avec le prix et le poids de ces horreurs, Charlotte.

Elle n’y tint plus et le prit quand même dans ses bras. Il se laissa faire et elle l’entendit renifler doucement. Elle ne savait pas s’il prendrait bien la question qu’elle allait lui poser, mais elle devait savoir.

— As-tu vu quelqu’un pour t’aider ? Les traumatismes de guerres sont les plus durs à surmonter, tu sais.

— Oui, répondit-il d’une voix enrouée. Je voyais quelqu’un jusqu’à l’année dernière.

— Apparemment, ce n’est pas assez, répondit-elle.

Il s’essuya les yeux avec l’un de ses avant-bras et se détourna d’elle pour regarder par la fenêtre. Le soleil était levé depuis un moment et réchauffait la cuisine de ses doux rayons lumineux.

— Je pense que la fatigue joue beaucoup, dit-il. Et puis, l’air de rien, avoir une nouvelle vie, tout ça quoi… Enfin, bégaya-t-il, tu vois ce que je veux dire.

Charlotte se leva alla vers lui pour embrasser le sommet de son crâne avant de se servir une tasse de café. Elle récupéra aussi la bouilloire et la théière pour préparer la boisson de Charlie. Elle ne savait pas qu’il avait vécu quelque chose d’aussi dur. Au final, ses propres épreuves lui semblaient bien dérisoires en comparaison. Toutefois, elle avait envie de se confier à lui comme il avait fait avec elle.

— Il faut que je te dise quelque chose aussi, Charlie, dit-elle un peu mal à l’aise. Bon, ça va sans doute te paraître insignifiant, mais tu sais, la plaque que j’ai vissée sur le crâne… Elle est là pour une bonne raison. Il y a six ans, je me suis retrouvée par inadvertance dans une rixe entre deux gangs rivaux. Ils se sont tirés dessus et je me suis pris une balle perdue dans la tête. Il paraît que j’ai eu une chance immense de m’en sortir vivante et sans trop de séquelles. Ce que les médecins ont fait était nouveau, j’ai été une sorte de cobaye pour eux. Tous les six mois, j’ai rendez-vous pour vérifier que mon cerveau va bien.

Elle n’avait pas osé le regarder en face pendant qu’elle débitait toute son histoire. S’écouter parler lui donnait l’impression que tout cela était arrivé à une autre qu’elle. Elle n’imaginait pas que ça ait pu être elle, ni sur le moment, ni après, ni même maintenant.

— Moi aussi, j’ai vu un psychologue, reprit-elle. Je continue à avoir des séances une fois tous les trois mois. Avant, c’était beaucoup plus régulier.

Un long silence s’installa après ces révélations pour le moins surprenantes. Charlotte avait cru qu’après ce qu’elle venait de lui dire, il serait plein de compassion pour elle, mais au lieu de cela, il semblait perdu ailleurs. Elle ne savait pas à quoi elle s’était attendue, mais certainement pas à une telle absence de réaction. Bon, cela dit, elle n’aimait pas que l’on s’apitoie sur son sort et le plus important, c’est qu’elle allait bien maintenant.

— Eh bien, dit-elle. Je ne pensais pas que ce que je viens de te dire jetterait un tel froid…

Elle ne put finir sa phrase, car il venait de se lever brusquement pour l’agripper par les bras avant de la serrer férocement contre lui.

— On fait une sacrée paire, toi et moi, lui murmura-t-il à l’oreille.

Oui, ils faisaient une sacrée paire et elle espérait bien que ça continuerait comme ça entre eux pour le pire, mais surtout pour le meilleur.

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A propos Darklinne 111 Articles
Auteure de roman et de fanfictions. J’aime écrire sur les univers que j'affectionne et les tordre à ma convenance dans différentes fanfictions ou dans des histoires originales.