18. La Bataille Finale [Partie I.]

18. La Bataille Finale [Partie I.]

Quand Aria se réveilla, elle comprit qu’elle n’était plus dans la chambre de Thorïn. Un regard circulaire lui permit de constater qu’elle se trouvait hors du palais.

— Mais que se passe-t-il ? se demanda-t-elle, la mine déphasée.

Clignant plusieurs fois des yeux, elle aperçut, assis sur un rocher en face d’elle, le prince de Mirkwood, Legolas. Les bras croisés contre son torse, il affichait un air sombre.

— Pourquoi suis-je ici ? le questionna-t-elle surprise.

— Pour ton propre bien, Ariana, répondit laconiquement le fils de Thranduil qui la scrutait intensément. Comment te sens-tu ?

— Faible, répondit-elle, la bouche pâteuse. Je me suis une nouvelle fois évanouie et…

Elle s’interrompit en sentant quelque chose de lourd peser contre son cou. Le palpant avec prudence, elle se rendit compte qu’elle portait un énorme collier. En baissant les yeux, elle vit une magnifique émeraude et son cœur battit la chamade quand elle devina de quoi il s’agissait. Elle savait ce qu’était cet ornement, car le roi de la Forêt Noire l’en avait déjà menacée.

— Comment ? Pourquoi ?! s’exclama-t-elle d’une voix faible.

— Pour ton propre bien, répéta Legolas.

Aria, observa le visage de celui qu’elle avait un jour adulé et voulut le frapper de toutes ses forces, mais elle ne le pouvait plus. Elle se sentait vide, creuse. Cette parure n’était pas uniquement un simple bijou à la richesse démesurée. Oh non, il était avant tout une laisse dont la magie annihilait la force et les pouvoirs des Drakons. Elle savait que le roi de Mirkwood le possédait et elle avait tout fait pour le récupérer et le détruire. Malheureusement, il était dorénavant attaché autour de son cou et seul celui qui l’y avait mis, pouvait le détacher. Comprenant ce que Legolas Thranduilion avait fait, une rage sourde battit jusqu’à ses tempes.

— Maudit sois-tu ! Comment as-tu osé me faire cela ?! gronda-t-elle froidement à l’Elfe qui ne la quittait pas des yeux.

Ce dernier pencha la tête comme s’il réfléchissait.

— Je ne le voulais pas, Ariana, mais la tournure des événements fait que je n’avais plus le choix. Je ne pouvais pas te laisser aux mains de ce nain aussi égoïste que possédé par la folie. Il est en train de te tuer. Ne le vois-tu pas ? plaida-t-il sombrement.

Aria, se mit à rire devant les paroles prononcées par l’Elfe.

— Que je sois avec lui ou ici ne change rien à mon état, mon pauvre petit prince, se moqua-t-elle durement. Je vais de toute façon mourir. Et tout à fait entre nous, je préfère rendre l’âme à l’intérieur que dehors, alors si tu avais l’obligeance de détacher cette horrible chose accrochée à mon cou.

Legolas s’approcha d’elle de quelques pas.

— Ne dis pas de bêtises, protesta-t-il. Je te protégerai, tu ne mourras pas. Je ne te ramènerais pas non plus auprès de mon père. Je l’aime et je me battrai pour lui, mais… pas comme cela. J’ai bien compris qu’il n’était plus lui-même, lui non plus, depuis qu’il s’est mis à convoiter les trésors d’Erebor. Toutes ses richesses lui montent à la tête. Comme avec la plupart de ceux qui assiègent actuellement cette montagne, d’ailleurs.

Le prince des Elfes se tut avant d’aider Aria à se lever.

— N’entends-tu pas ce grondement sourd en contrebas ? murmura-t-il tout contre son oreille. Ne sens-tu pas ce que cela implique ? Ne vois-tu pas ce que cela veut dire ? continua-t-il presque suppliant.

— La guerre, souffla Aria incrédule.

— La mort ! acheva Legolas. La mort nous entoure comme une traînée de poudre, elle nous guette et n’attend qu’un seul battement pour nous exploser au visage.

Un énorme tremblement suivit ces terribles révélations et Aria comprit, médusée, qu’ils ne pourraient jamais éviter ce qui avait déjà commencé.

oO§Oo

Le cœur de Bilbo battait la chamade. Il avait eu bien du mal à ne pas trembler d’émotion quand il avait donné cette pierre, l’Arkenstone comme l’appelait Thorïn, au Seigneur des Elfes. Ce dernier avait accueilli le Hobbit sous sa tente comme quantité négligeable jusqu’à ce que le semi-homme ne lui tende le fameux caillou.

Thranduil avait alors écarquillé les yeux et un sourire torve s’était peint sur son visage sans défaut quand il avait pris la pierre entre ses doigts.

— Qu’est-ce que cela veut dire ? demanda ce dernier en scrutant le petit homme qui semblait bien mal à l’aise.

— Ce n’est pas ce que vous croyez, balbutia Bilbo.

— Et que crois-je donc ? souffla Thranduil tout en contemplant le caillou puis le Hobbit.
Il posa l’Arkenstone sur une table.

Bilbo dansait d’un pied sur l’autre. Il ne savait comment formuler l’idée qui lui était venue un peu plus tôt et qui, il l’espérait, n’était pas si bête que cela. Sur le coup, il l’avait trouvé vraiment parfaite, mais maintenant, il ne savait plus, et il se demandait s’il n’allait pas commettre une nouvelle erreur.

— Si je vous remets cette pierre, répondit-il, c’est pour que vous puissiez conclure un marché avec Thorïn d’Erebor. Jamais il ne refusera de vous aider si vous lui offrez en échange ce qu’il convoite le plus au monde.

Le souverain des Elfes tapa plusieurs fois son menton du bout de l’index, faisant mine de réfléchir à ce que venait de lui dire le Hobbit. Cette petite créature n’avait pas tort. Avec ceci, il était sûr que jamais Thorïn ne lui refuserait ce qu’il allait lui réclamer de plein droit, mais… posséder cette pierre pourrait sans doute lui apporter bien plus, après tout.

— Il vous a fallu bien du courage pour vous aventurer hors de la montagne, reprit Thranduil d’un air songeur. Parcourir les plaines sur lesquelles, Elfes, Hommes, Nains, Orques et Wargs se livrent bataille, et ce, sans aucune égratignure. C’est remarquable.

Bilbo déglutit. Depuis quelques heures, un combat aussi sanglant que déchirant faisait rage devant la Montagne Solitaire, le fief de Thorïn. Au départ, les Elfes et les hommes étaient venus le menacer, tout simplement. Si ce dernier ne leur donnait pas leur part du trésor qui dormait en Erebor, ils n’hésiteraient pas à le prendre par la force. Toutefois, l’arrivée des Wargs et des Orques avait bouleversé leur plan. Puis celle des nains des Monts de Fer, conduit par Daïn, le cousin de Thorïn, étaient arrivés pour prêter main forte contre les créatures du Seigneur Noir.

Le Hobbit n’oublierait jamais la haine qui avait animé le prince, presque roi, de la Montagne Solitaire quand il avait compris que sa pierre et Aria avaient disparu. Ce dernier devait penser que c’était la jeune femme, sa propre fiancée, qui l’avait dépossédé de son bien le plus précieux. Ce dernier fait embêtait terriblement Bilbo. Il se demandait d’ailleurs où se trouvait Aria. Il espérait de tout son cœur qu’elle soit en sécurité quelque part sous la montagne. Elle avait été tellement gentille avec lui.

Thorïn avait refusé de prendre part au combat qui faisait rage un peu plus bas, se délectant bien au contraire du fait d’être bientôt débarrassé de tous ces ennemis potentiels.

— Grand bien leur fasse de s’entretuer, avait-il lancé avec hargne en émettant un rire presque dément, cela évitera de nous salir les mains.

Revenant au présent, Bilbo vit le Seigneur Elfe s’entretenir avec l’un de ses soldats. La mine grave et sans un regard vers lui, il récupéra une armure qu’il enfila. Tandis qu’il s’affairait, le roi se souvint de la présence de son invité.

— Vous avez fait ce qu’il fallait, petit homme, commença Thranduil. La situation est cependant grave et je me dois, une fois de plus, de convaincre cet insupportable nain de nous aider. L’heure n’est plus aux querelles, nous devons nous unir pour chasser un ennemi commun.

Bilbo ne comprenait pas tout, mais il inclina la tête avant que l’Elfe royal ne quitte la tente. Comprenant qu’il était temps de repartir, il inséra à son doigt, sans être vu, l’anneau, son trésor à lui qui savait mieux que personne le protéger du danger. N’avait-il pas parcouru un champ de mines sans le moindre problème ?

Une fois à l’extérieur, le Hobbit fit bien attention de ne frôler personne en passant. Il put voir le roi Thranduil, impressionnant en armure, discuter avec Bard et un nain qu’il ne connaissait pas, aussi trapu que terrifiant, et en armure lui aussi. Ainsi donc, l’Elfe ne lui avait pas menti, ils avaient tous mis leurs griefs de côté pour s’allier contre les Wargs et les Orques ?! La situation ne devait pas être simplement grave, mais bel et bien catastrophique !

Le Hobbit avança aussi rapidement que possible, préférant emprunter un chemin un peu plus éloigné du champ de bataille où régnait un chaos presque indescriptible, pour regagner l’intérieur de la montagne sans heurt.

Personne n’avait prêté attention à cette faille dans la montagne par laquelle un enfant aurait pu passer ou une personne très mince ; ou bien même un Hobbit.

Une fois à l’intérieur, il put enfin souffler. Il avait accompli sa mission même si un affreux goût d’amertume lui collait à la bouche. Il avait longuement hésité entre remettre la pierre à Aria ou la donner à l’ennemi de Thorïn. Il savait que jamais Thorïn ne refuserait de récupérer sa pierre alors pourquoi se sentait-il si mal alors qu’il avait agi au mieux ?

oO§Oo

Kili, Tauriel, Gloïn, Oïn, Bifur, Bofur, Dwalïn et tous les autres nains regardaient le vieux Balïn tenter en vain de raisonner leur chef.

— Thorïn, nous ne pouvons pas continuer à nous terrer comme de simples fillettes, approuva Dwalïn quand son frère fut une nouvelle fois remis à sa place par leur prince, presque roi.

— Mon oncle, reprit Kili à son tour, vous nous avez toujours appris, à mon frère et moi, à ne jamais renoncer et nous dev…

— Cela ne nous concerne pas ! jeta froidement, et une nouvelle fois Thorïn, coupant son neveu. Où étaient-ils tous quand nous avons eu besoin d’eux ? Et maintenant que nous avons accompli ce à quoi personne ne croyait, on nous réclame des parts ? Qu’ils aillent tous se faire foutre par le Seigneur des Ténèbres lui-même ! termina-t-il en Khuzdul, la langue des nains.

— Ce n’est plus simplement une question de trésor, Thorïn, continua néanmoins Balïn. Regarde dehors ce qu’il se passe, c’est une guerre contre les serviteurs du Seigneur Noir. Rien à voir avec…

— Je m’en contrefiche ! hurla le prince nain. Ramenez-moi cette voleuse d’Aria et mon Arkenstone ! C’est tout ce que j’exige de vous pour le moment.

Balïn allait objecter quand un bruit sourd se fit entendre dans la grande salle du trône où ils étaient tous réunis. Avisant le nouveau venu, les nains froncèrent les sourcils d’étonnement.

— Où étiez-vous donc passé jeune Maître Cambrioleur ? demanda Bofur, l’air impassible.

— Oh, eh bien, je cherchais Aria… comme Fili, rétorqua Bilbo l’air détaché. À ce propos, n’est-il toujours pas revenu ?

Ce dernier, effectivement, manquait à l’appel et chacun savait qu’il cherchait la jeune Drakonnite dans tout le royaume. Il en aurait d’ailleurs pour des heures voire des jours. Tout le monde crut donc le Hobbit, bien que ce dernier semblât plutôt mal à son aise.

Thorïn l’avait bien remarqué et il se demandait pourquoi le semi-homme agissait aussi étrangement. Quelque chose chez Bilbo le dérangeait. Il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus, d’ailleurs il n’avait pas le temps de s’appesantir sur le sujet.

Un énorme grondement vint perturber le silence qui venait de tomber dans la salle. Chacun se regarda, attendant très certainement que quelqu’un dise quelque chose. Au loin, un bruit de cor retentit.

— Un cor d’Elfe, murmura Gloïn, étonné.

Comprenant qu’on le réclamait une nouvelle fois au-dehors, Thorïn prit tout son temps pour parvenir jusqu’à l’énorme porte barricadée qui les protégeait de la bataille sanglante au pied de sa montagne. Malgré sa colère envers Aria, une partie de son cœur espérait qu’il ne lui était rien arrivé. Malgré tout, il l’aimait et même s’il lui en voulait d’avoir disparu avec sa pierre, il lui pardonnerait dès qu’il aurait remis la main dessus. Il savait qu’elle n’était pas descendue dans les mines. Un peu plus tôt, Dwalïn et Bofur y avaient jeté un œil et avaient pu constater qu’elle n’y était pas. Que pouvait-elle faire à présent ? Où pouvait-elle bien être ?

Ouvrant l’énorme porte, il s’aperçut que la nuit était déjà tombée. Avançant prudemment, il vit en contrebas Thranduil ainsi que son cousin Daïn et Bard qui l’attendaient de pied ferme.

Voir ses deux ennemis liés dans l’horreur de la guerre le fit frémir de joie. Il émit un profond ricanement. Que voulaient ces gens qui l’avaient si durement méprisé, ainsi que sa quête, il y avait encore peu ? Et pourquoi son cousin se tenait-il à leur côté aussi tranquillement ?

— Thorïn, déclara Daïn d’une voix forte. Il est temps pour toi et ta compagnie de prouver le courage et la valeur des nains de la lignée de Durïn. Joins-toi à nous dans cette bataille qui fait rage aux portes de ta cité.

— Ma cité ?! tonna Thorïn d’un air moqueur en ouvrant grand les bras. Mais quelle cité ?! Où-vois-tu une cité ?

— Thorïn, tu ne peux pas continuer à te terrer comme tu le fais, protesta son cousin.

— Me terrer ? Et toi, que fais-tu ici ? Et vous autres ? – Le prince d’Erebor, jeta un coup d’œil circulaire autour de lui – Vous êtes venus dans l’idée de me flouer de mes propres biens que moi seul et les miens sommes parvenus à reconquérir. Maintenant que cela est fait, vous voilà, telle une bande de charognards prêts à vous délecter des morceaux de chair en putréfaction sur les pauvres cadavres qui auront eu le malheur d’être sur votre chemin. Vous ne valez rien. Vous n’êtes rien, cracha Thorïn méprisant.

— Cela suffit, nain d’Erebor, jeta furieusement le Seigneur des Elfes. Vous en avez assez dit, nous nous sommes suffisamment fait insulter comme cela. Je pense toutefois posséder quelque chose qui pourrait vous faire changer d’avis à notre égard.

À ces mots, Thorïn, sentit le sang cesser de couler dans ses veines. Il avait un affreux pressentiment. Aria l’aurait-elle trahi ainsi ? Avait-elle pu…

Ses doutes se confirmèrent quand le roi des Elfes sortit d’un sac accroché à sa taille une pierre qu’il aurait reconnue entre mille.

— Mon Arkenstone, souffla-t-il, la rage le consumant par tous les pores de sa peau.

Un sentiment de pure trahison se propagea dans tout son corps, lui envoyant de grandes décharges électriques le long de l’échine. Comment avait-elle pu lui faire cela alors qu’elle disait l’aimer ?!

— Ceci, commença, l’Elfe, m’a été remis par une personne de votre entourage. Vous devriez réfléchir à deux fois avant de confier votre précieux trésor à vos soi-disant amis, Nain.

— Que voulez-vous ? beugla Thorïn qui ne cachait plus la haine que tout ceci lui inspirait.

— Ce que je veux ? reprit Thranduil impassible. C’est simple, nous réclamons notre part du trésor du dragon contre cette pierre, ainsi que votre aide.

Le prince d’Erebor tremblait de rage. Jamais il ne s’abaisserait devant eux, il était bien trop fier pour cela. Sa pierre le narguait entre les doigts de cet Elfe de malheur. Ô par tous les dieux, comment avait-elle pu ?

— Jamais, maudit Elfe ! Vous m’entendez ! rugit Thorïn plus orgueilleux et haineux que jamais.

Respirant un bon coup, il tenta de reprendre contenance. Il ne leur ferait pas le plaisir de le voir tomber.

— Allons, cousin, intervint Daïn. Qu’est-ce que cela te coûte de partager ce trésor ? Après tout, la moitié n’était déjà pas à toi et le roi des Elfes t’offre l’opportunité de récupérer cette pierre qui te tient tant à cœur.

— C’est un marché équitable, ami nain, renchérit Bard qui n’avait pas parlé jusqu’à présent.

— Équitable, dites-vous ? répliqua Thorïn d’une voix cassante. Pourquoi accepterais-je un tel marché alors que cette pierre que vous avez entre vos mains est déjà mienne ? Vous le savez. Finalement, vous n’avez rien pour me convaincre.

Il vit avec satisfaction les yeux du roi s’agrandir de stupeur, Daïn poussa un juron en Khuzdul qui voulait tout dire et Bard le regarda, la mine écœurée. Thorïn était ravi de leur réaction. Il récupérerait son Arkenstone d’une autre façon. Sur leurs cadavres par exemple, quand les Orques et les Wargs en auraient terminé avec eux.

Conscient qu’il était le point de mire de ses interlocuteurs, Thorïn se détourna d’eux avec lenteur pour retourner à l’intérieur de sa forteresse.

— Thorïn, tu ne peux pas faire cela, cria son cousin.

— Au contraire, lança-t-il sans se retourner. J’ose et je le fais.

Sur ces dernières paroles, il referma la lourde porte avant de remettre la barre en fer dessus. Il fit quelques pas à travers les couloirs avant de pousser le plus terrible des hurlements. Il repartit à grands pas vers la salle du trône où tout le monde l’attendait, la peur au ventre.

— Alors ? voulut savoir Dwalïn.

— Alors ? cria Thorïn furieux. J’ai été trahi ! TRAHI !

Bilbo, en entendant ces mots, fut pris de sueurs froides. Que s’était-il passé ? N’avait-il pas marchandé avec eux comme il l’aurait cru ?

— Que veux-tu dire ? demanda prudemment Balïn en s’avançant vers celui qu’il considérait déjà comme son roi.

— Ce que je veux dire, c’est que les Elfes ont mon Arkenstone !

Cette révélation jeta un froid. Tout le monde se regarda sans comprendre, tentant de démêler les fils d’une énigme qu’ils entrevoyaient à peine.

— Mais… mais, bégaya Bilbo qui recula d’un pas, l’air épouvanté. Cela ne devait pas se passer comme ainsi. Jamais.. je… non pas comme de cette façon.

Il secoua la tête comme s’il essayait de chasser quelque chose. Thorïn l’observa avec attention. Qu’arrivait-il au petit Maître Cambrioleur ?

— Que voulez-vous dire, Bilbo ? Vous savez quelque chose ? demanda-t-il.

— Je… commença le Hobbit qui suait maintenant à grosses gouttes, je…

— Mais parlez, bon sang ! hurla le prince d’Erebor dont les veines du cou palpitaient sous son incommensurable fureur.

— Je ne voulais pas que cela se passe de cette manière, répondit le semi-homme précipitamment. Quand j’ai repris votre Arkenstone, je pensais agir pour le mieux en la donnant au Seigneur des Elfes. Je pensais qu’en marchandant avec vous, vous accepteriez de les aider et…

— Qu’avez-vous fait ? souffla Balïn, incrédule.

— J’ai juste voulu vous aider, plaida Bilbo.

— Vous nous avez TRAHIS ! hurla férocement Thorïn qui se retenait pour ne pas embrocher le Hobbit avec son épée.

Comment ce misérable vermisseau avait-il pu leur faire cela ?

Le Hobbit s’était ratatiné dans un coin, ne sachant que dire ni que faire. Il s’était une nouvelle fois trompé. Il avait cru que Thorïn comprendrait et redeviendrait raisonnable. Il s’était lourdement fourvoyé et avait à présent peur autant pour sa vie que celle des autres.

— Au moins, on sait maintenant qu’il ne s’agissait pas d’Aria, souligna Bofur d’un air entendu.

— En parlant d’Aria, reprit Kili, elle n’est toujours pas réapparue, et mon frère non plus.

Tous se contemplèrent à nouveau, mais leur crainte fut vite remplacée par la stupeur quand le sol de la montagne se mit à vibrer. La lourde porte en fer était prise d’assaut.

— Vous ne vouliez pas de cette bataille, murmura Tauriel qui n’avait rien dit jusqu’à présent, mais il semblerait bien, finalement, qu’elle soit venue jusqu’à vous.

Sur le moment, Thorïn n’en avait cure. Son Aria ne l’avait pas trahi. Qu’il s’en voulait d’avoir, ne serait-ce qu’un instant, imaginé qu’elle puisse le tromper ainsi. Elle était sienne, jamais elle n’aurait pu faire cela. En attendant, elle était introuvable et il pria Durïn et les Dieux pour qu’elle soit en sécurité quelque part.

Un nouveau coup fit sortir Thorïn de ses pensées. Il comprit qu’il ne pouvait plus reculer.

— Dwalïn, va enfermer ce traitre dans une des chambres. Qu’il n’en sorte pas. Quant aux autres, dit-il en les regardants tours à tours, nous allons nous battre et montrer que la lignée de Durïn n’est ni couarde ni éteinte !

Tout le monde acquiesça.

.

Une fois que Bilbo fut fait prisonnier dans l’une des pièces d’Erebor, le frère de Balïn rejoignit la compagnie qui était partie au-devant de leur destin.

Dehors, un carnage sans nom, qui n’était pas sans rappeler la fameuse bataille d’Azanulbizar, sévissait sans discontinuer. Un véritable cauchemar dans lequel Nains, Elfes et Hommes se battaient pour leur survie contre les Orques et les Wargs, sous un ciel éclairé d’une pleine lune aussi insondable qu’intouchable.

— C’est effroyablement beau, marmonna Dwalïn, incrédule devant la vision apocalyptique qui lui faisait face.

— Tu deviens poète ? se moqua Gloïn.

— Allons-y mes amis, répondit Thorïn d’une voix calme, allons, nous aussi, marquer les mémoires par nos faits d’armes !

— En avant, nains d’Erebor !

Part I. Fin.

À Suivre

🔸🔸🔸🔸🔸🔸🔸🔸🔸🔸

Note de l’auteur

Anecdote : J’ai écrit ce chapitre avant que le troisième film sorte en salle de cinéma. Je m’étais alors appuyée sur mon imagination et sur le livre.

A propos Julianna Hartcourt 103 Articles
Auteure de roman et de fanfictions. J’aime écrire sur les univers que j'affectionne et les tordre à ma convenance dans différentes fanfictions ou dans des histoires originales.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*