8. La folie des Rois

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La folie des Rois

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Attention : un passage Lemon (scènes très épicées), se trouve après les passages en italique. Vous êtes prévenus.

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Thranduil regardait l’étrangère qui s’était présentée quelques heures plus tôt aux portes de son royaume. Ses gardes avaient repéré la présence d’un rôdeur dans la Forêt Noire. À présent que ledit rôdeur lui faisait face, il ne pouvait croire en sa bonne fortune. Il ne l’avait pas vue depuis des décennies. Jamais il n’aurait cru pouvoir contempler une nouvelle fois, cet être, ce joyau la dernière de son peuple. Elle représentait tout ce qu’un roi aurait rêvé d’avoir, un véritable trésor à ses yeux. Un trésor qu’il fallait cependant mater.

Im gelir ceni ad lintarien Ariana*, murmura le seigneur Thranduil.

La jeune femme qui lui faisait face semblait fière, aussi orgueilleuse que son père ou que sa condition le lui permettait. Elle savait qu’elle n’était pas en position de force, pourtant tout dans son regard dénotait une incroyable volonté. Cela plut à Thranduil. Il n’aimait pas les faibles. Cependant, il n’aimait pas non plus la bravoure quand elle était synonyme d’irrespect à son égard. Il attendit donc qu’elle lui rende son salut.

Ariana, quant à elle, loin de se douter des pensées du Seigneur de Mirkwood, était partagée entre l’envie de se jeter à ses pieds pour implorer son aide et celui de le gifler pour lui enlever cet air arrogant qui le rendait si méprisant à ses yeux. Elle savait toutefois que Thranduil, sous des airs parfaitement détestables, cachait une très grande blessure. Une blessure qui ne s’atténuerait que le jour où il quitterait la Terre du Milieu pour Aman. Soupirant intérieurement, elle mit fin à ses atermoiements. Cela ne servait à rien de jouer les insolentes quand on était en situation de faiblesse.

Je vous salue aussi, grand Seigneur Thranduil, Roi des Elfes de la Forêt Noire, répondit-elle en parler commun.

Elle lui fit la révérence comme sa préceptrice, Tylda, le lui avait appris et baissa les yeux en signe de respect.

Thranduil, ne s’attendant pas à cela, haussa un sourcil, l’œil inquisiteur. Il attendit qu’elle parle.

Je sais que ma présence en ces lieux peut vous paraître étrange, poursuivit-elle, et sans doute déplacée, mais…

La princesse buta sur les derniers mots qui refusaient de franchir ses lèvres. Elle avisa alors le Seigneur de ce royaume souterrain et comprit qu’il ne l’aiderait pas. Elle se pinça les lèvres.

Mais quoi ? demanda Thranduil, sachant parfaitement sur quoi la petite princesse avait buté.

Votre aide, chuchota, Ariana, dévastée.

Mon aide ? reprit Thranduil, amusé.

Prestement, le roi se redressa de toute sa hauteur et la toisa comme si elle n’avait été qu’un insignifiant insecte qui avait dérangé sa tranquillité de grand seigneur.

Et pourquoi vous l’apporterais-je ? questionna-t-il en croisant les mains derrière son dos tout en la dévisageant.

Mon peuple n’existe plus, répondit la princesse, sans quitter l’elfe des yeux.

Il était hors de question qu’elle flanche.

En tant que princesse et dernière représentante du royaume d’Adrial, j’implore asile. S’il vous plaît.

Il se passa un long moment avant que l’elfe ne lui réponde. Ariana ne voulut pas le supplier.

Soit, répondit Thranduil à la stupéfaction d’Ariana. Vous êtes notre invitée à Mirkwood autant qu’il vous plaira de rester.

Merci, répondit-elle en faisant une nouvelle révérence, trop surprise pour ajouter quoi que ce soit.

Ce fut le capitaine de la garde, Tauriel, qui l’emmena dans les appartements que le roi avait eu la bonté de lui attribuer. Tout aurait bien pu se passer si le roi de Mirkwood ne lui avait pas fait quelques mois plus tard les propositions les plus abracadabrantes qui soient…


Il faisait encore nuit quand Aria se réveilla en gémissant légèrement. Une vive brûlure de plaisir l’avait surprise dans son sommeil. Ouvrant grand les yeux, elle s’aperçut que Thorïn n’était plus à ses côtés, mais entre ses jambes. Comprenant ce que le prince d’Erebor était en train de lui faire, elle poussa un soupir de pure extase. Sa bouche était si douce contre son pubis, sa langue caressant avec délectation son petit bourgeon de chair. Elle ne l’aurait jamais cru capable d’un tel geste et pourtant…

— Oh, Thorïn, souffla-t-elle, au bord de l’orgasme.

Il se redressa pour la regarder dans les yeux.

— Non, pas encore, mon aimée, je veux te sentir autour de moi quand tu prendras ton plaisir.

Après un dernier coup de langue, il se plaça entre ses cuisses et la pénétra d’une longue poussée. La jeune femme ne put réprimer un petit cri de plaisir.

Cette fois-ci, Thorïn prit son temps, savourant les moindres sensations que lui procurait l’antre humide de sa douce amie. Elle était sienne, dorénavant bien qu’humaine, c’était elle qu’il avait choisie. Il n’arrivait pas à croire qu’à son âge, il se soit enfin fixé. Il avait cru que, par ses devoirs et sa condition, rien ne le prédestinait à connaitre le bonheur auprès d’une femme. Il s’était déjà résigné à laisser la succession du trône à son neveu Fili. Et pourtant, il était là, en train d’aimer cette femme, cette humaine, de tout son corps et de tout son cœur. Il ne se lasserait sans doute jamais de la contempler ainsi. Alors qu’il intensifiait ses coups de reins, Aria s’agrippa à ses fesses en plantant ses petits ongles dans la chair, le griffant jusqu’au sang. Qu’elle était belle, songea-t-il.

Thorïn, en cet instant, se sentit fort et maître des plaisirs de sa compagne. Se repaissant de son petit visage crispé dans l’attente de l’orgasme, il ralentit la cadence.

— Non, Thorïn, plus vite, quémanda-t-elle, d’une voix embrumée par la passion.

— Dis-le moi alors, Aria, dis-moi ce que je veux entendre, grogna-t-il.

— S’il te plaît Thorïn, je t’en supplie, fais-moi jouir !

Trop heureux de la voir capituler, il lui donna alors ce qu’elle voulait et c’est avec délectation qu’il la sentit se contracter violemment autour de sa virilité qui se gonfla encore. Dans un grondement animal, il la rejoignit bientôt dans l’extase.

Alors que leurs cœurs battaient à l’unisson, Aria attira Thorïn à elle. Ils étaient tous deux couverts de sueur et la jeune femme se délecta de la sensation de leurs deux corps mouillés l’un sur l’autre. C’était si bon. Doucement, Thorïn lui embrassa le front avant de l’entraîner sur le côté. Il était temps de dormir. La journée du lendemain présageait d’être très longue.

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Aria fut réveillée par un tendre baiser.

— Il faut y aller, mon aimée, si tu veux toujours nous accompagner, dit la voix rauque de Thorïn.

Le cœur de la jeune femme manqua un battement. Leur moment de paix était parvenu à son terme. Aujourd’hui était arrivé trop vite. Ils allaient partir pour Erebor et là… Ne voulant pas montrer son trouble, elle enlaça son amant et cacha sa tête entre le cou et les cheveux de ce dernier. Elle aimait, non, elle adorait son odeur si masculine.

— Oh là, soupira Thorïn se méprenant sur les intentions de sa compagne. Ce n’est plus le moment, mon aimée, il nous faut partir. Aujourd’hui est un grand jour pour la lignée de Durïn.

Prenant son courage à deux mains, elle se détacha difficilement de lui pour le regarder. Il rayonnait littéralement et son sourire était plus sauvage que jamais. Déstabilisée, elle se mordilla la lèvre inférieure.

— Ça va être une sacrée journée, murmura-t-elle en baissant les yeux timidement.

— Tu viens toujours avec nous, Aria ? redemanda Thorïn.

— Oui, dit-elle doucement.

— Alors dépêche-toi, lui intima-t-il en terminant de s’habiller et en ajoutant toute une panoplie d’armes à sa ceinture.

Sur ces mots, il la laissa pour retrouver ses compagnons qui devaient déjà les attendre dehors.

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Thorïn exultait, ils allaient enfin retourner chez eux, reprendre ce qui leur appartenait de droit. Bientôt il récupérerait son Arkenstone. Il retrouva presque tout le monde dans la cour. Toutefois il manquait encore Kili, Fili et Bofur.

— Bien, il va nous falloir nous hâter si nous voulons arriver avant le coucher du soleil, fit remarquer Balïn.

— Dame Aria vient toujours avec nous ? se renseigna Bilbo.

— Oui, rétorqua Thorïn qui fut surpris, mais ravi de constater qu’une partie du village était là pour leur souhaiter bonne chance.

Même le Bourgmestre et son affreux petit conseiller étaient présents pour déclamer un discours. Le prince d’Erebor en aurait ri s’il n’avait pas été aussi obnubilé par ce qui l’attendait au-delà du lac et des rocheuses.

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Aria se hâtait quand elle croisa en chemin Kili soutenu par Fili. Kili faisait une drôle de tête, sa peau avait viré au gris et ses yeux étaient plus larmoyants que jamais. Il semblait des plus fiévreux. Fili lança un regard plein de détresse à la jeune femme.

— Il va si mal que cela ? demanda-t-elle en connaissant déjà la réponse.

— Je le crains, Dame Aria, répondit Fili.

Le baume qu’elle lui avait donné la veille n’agissait plus du tout. Aria s’en voulut. Elle aurait dû penser à trouver un véritable traitement à la blessure de Kili, mais bien sûr, elle avait tout oublié de ses devoirs depuis que Thorïn et elle s’étaient donné l’un à l’autre. Un fort sentiment de honte se mêla alors à la culpabilité qui la tiraillait depuis quelques jours. Mais que lui arrivait-il, bon sang ? Où étaient donc passées sa ténacité et sa clairvoyance ? Son amour pour le prince nain l’avait totalement perdue d’elle-même.

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Thorïn commençait à s’impatienter et avait été à deux doigts d’envoyer Oïn chercher les retardataires lorsqu’il vit arriver Aria et ses deux neveux. Ses yeux se plissèrent. Kili semblait dans un sale état. Pas question qu’il les accompagne dans leur voyage final. Il serait une charge plus qu’une aide. Avisant Aria, elle lui fit comprendre qu’elle pensait la même chose que lui. Kili ne devait pas venir avec eux. Belle Aria, qu’il était fier d’elle. Un sentiment de possessivité s’empara de son cœur. Il serait le roi le plus heureux de la Terre du Milieu une fois qu’il aurait ces deux joyaux en sa possession : sa belle humaine et son Arkenstone. Rien ne l’arrêterait dans ses projets de reconquête… surtout pas un neveu mal au point.

— Kili, comme je te l’ai déjà dit, tu restes ici, tu ne viens pas avec nous, asséna fermement Thorïn.

— Mais mon oncle, supplia Fili, on ne peut pas le laisser seul ici.

— Je resterai avec lui de toute façon, lança Oïn. Si son état se dégrade encore, il aura besoin de quelqu’un.

Fili n’avait pas quitté son oncle des yeux.

— Mon oncle, si Kili ne vous accompagne pas, comme je vous l’ai déjà dit, je ne viendrai pas non plus.

Thorïn soupira. Il aurait aimé que Fili soit là car, à moins qu’un jour il ne devienne père, il restait son héritier direct. Mais il ne tenterait pas de le dissuader comme la dernière fois. Ce n’était plus le moment.

C’est ainsi que Thorïn partit avec un peu plus de la moitié de sa compagnie – Bofur avait été aux abonnés absents, très certainement en train de cuver sa bière – pour ce qui serait très certainement leur dernier voyage, car une fois qu’ils seraient à Erebor sous sa Montagne, ils n’en repartiraient plus.

Aria était restée en retrait depuis qu’ils avaient embarqué. Ses yeux étaient rivés sur le hobbit qui semblait plus anxieux que jamais. Oh ! Il pouvait l’être, car si la compagnie pensait que Smaug le doré était mort ou bien parti, ils en auraient pour leurs frais. Quant à Thorïn, il ne l’avait pas contemplée une seule fois depuis qu’ils s’étaient tous entassés dans le petit canot qui les conduisait vers les roches d’Erebor. Il avait déjà le regard pointé vers son futur. Elle pouvait le lire dans ses yeux.

Leur barque ne tarda pas à riper sur le rebord du lac. Ils étaient arrivés au bout. Après plusieurs heures de marche, au-delà de l’ancienne cité de Dale, ils atteignirent enfin la terre pleine devant la grande Montagne Solitaire. Il suffisait à présent de trouver le moyen de grimper jusqu’aux grandes roches où avait été dessinée l’entrée secrète. Ce fut Bilbo et ses yeux aguerris qui la trouva en premier.

Aria fut impressionnée par le travail architectural fait sur la statue qui représentait le défunt roi Thror. Le grand-père de Thorïn.

— Il avait le goût de la démesure, murmura Aria pour elle-même.

— Tout est grand chez les nains, acquiesça Dwalïn en regardant la jeune femme l’air entendu.

Elle soupira doucement.

— Pourquoi cela ne m’étonne-t-il même pas ?

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Atteindre le haut de la montagne et le renfoncement où se trouvait l’entrée secrète ne fut pas une sinécure. Une fois tout ce petit monde arrivé en haut, Thorïn sortit sa carte de la poche de son vêtement et la relut. D’ici une heure ou deux, enfin les trésors de sa Montagne lui seraient à nouveau révélés. Qu’il avait hâte.

Tout à ses pensées il ne sentit par la main d’Aria posée sur son bras il se tourna vers elle. La jeune femme semblait attendre quelque chose de lui, mais l’heure n’était plus aux sentiments. Il ne pouvait mettre sa quête en péril si près du but. Il inclina légèrement la tête pour le lui signifier. Elle n’en demanda pas plus et resta près de lui sans rien dire. Aria n’était certes pas une naine, mais après ce jour, quand il aurait récupéré ses biens, il aviserait de la suite. Pour le moment il fallait qu’il se concentre sur sa mission, sur son Arkenstone.

Aria avait le cœur serré. C’était terminé, il fallait qu’elle mette ses sentiments en sourdine et qu’elle se concentre sur le plan qu’elle avait échafaudé ces derniers jours dans les recoins de sa tête.

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Tandis que le soleil se couchait, la tension monta d’un cran au sein de leur petit groupe. Chacun essayant de chercher où se trouvait exactement la serrure.

— Ce n’est pas possible, se lamenta Gloïn. On a fait tout ça pour rien ?

Les derniers rayons venaient de disparaître dans le ciel. Aria fixa tour à tour Balïn et Thorïn.

— Et c’est tout ? demanda-t-elle. Il n’y a rien d’autre à faire ?

— Hélas non, répondit Balïn, c’était notre seule entrée. Notre seule chance !

Aria fut sidérée lorsqu’elle vit que la plupart d’entre eux repartaient déjà par là où ils étaient venus. Seul Bilbo restait concentré. Sacré hobbit, lui au moins ne lâchait pas l’affaire.

— Mais Thorïn ! s’exclama Aria en lui attrapant le bras alors qu’il s’apprêtait à partir lui aussi, l’air déçu.

— On ne peut rien faire de plus, Aria. Autant partir, marmonna-t-il l’air sombre.

— Mais…

Alors que la lune venait l’éclairer de ses doux rayons, la jeune femme réalisa qu’elle était pleine.

— Regardez ! hurla Bilbo, surexcité. L’entrée, là !

Tous remontèrent au pas de course et avisèrent la serrure qui venait d’apparaître.

— Franchement, rétorqua Aria, c’était assez prévisible finalement.

Thorïn, la mine concentrée, glissa la clef dans la serrure et força la porte d’une poussée de main. La Montagne Solitaire était prête à révéler ses secrets les plus sombres.

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Aria dégluti péniblement. Il était l’heure d’accomplir ce qui devait l’être. Elle regarda Bilbo qui tremblait comme une feuille.

— Allons, petit Maître Cambrioleur, encouragea Balïn, il vous suffit de descendre ces escaliers qui vous mèneront directement dans la salle aux trésors du défunt roi Thror.

— Oui, mais s’il y a un dragon ? Je fais quoi ? demanda Bilbo, la mine apeurée.

Aria avait de la peine pour lui. Elle avisa Thorïn qui semblait s’être enfermé sur lui-même.

— Il n’y a pas de dragon, assura ce dernier. Et s’il y a en a un, récupérez juste mon Arkenstone et revenez vite ici.

— C’est tout ? répondit Bilbo.

Tous acquiescèrent de concert, ce qui agaça prodigieusement Aria. Mais quelle bande de menteurs ! Eux même ne savaient pas si Smaug était vraiment parti. Ils envoyaient ce pauvre petit homme se faire manger tout cru… ou cuit. C’était inadmissible. Elle devait réagir tout de suite.

— Aria, non murmura Thorïn qui l’avait saisie par la taille, un geste aussi intime que protecteur. Son cœur rata un battement.

Mais reprends-toi, s’admonesta-t-elle intérieurement.

— C’est trop dangereux, déclara-t-il.

— Trop dangereux ?! rétorqua-t-elle un peu sur la défensive. Et Bilbo ? Si c’est si dangereux, pourquoi le laisser partir ?

Thorïn soupira.

— Notre jeune Maître Cambrioleur a signé un contrat, c’était son travail, et ce depuis le début, se justifia-t-il.

— Certes, répondit-elle, mais il me semble que je devais l’aider en sacrifiant ma vie si jamais le dragon était encore dans les parages.

Sa voix était acerbe. Elle était en colère contre les nains.

— Oui, mais c’était avant que j’en décide autrement, grogna-t-il.

Thorïn resserra son étreinte. Tu n’iras nulle part, tu restes ici, c’est bien compris ?

Comme elle détestait quand il jouait les petits chefs avec elle. Son esprit de rébellion n’avait qu’une envie : l’envoyer promener. Cependant, il fallait admettre que si elle voulait surprendre Smaug, ce n’était pas en se mettant en avant qu’elle y arriverait.

— Très bien, concéda-t-elle. Je ferai ce que tu me demandes, Thorïn.

Trop heureux qu’elle lui cède aussi facilement il lui embrassa brièvement les lèvres.

L’attente pouvait commencer.

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Les minutes s’égrainèrent à une vitesse folle et toujours pas de Bilbo en vue.

— Peut-être devrions-nous aller voir si Bilbo va bien, commença Ori.

— Laissons-lui encore un peu de temps, répliqua Thorïn.

— Mais enfin, Thorïn ! s’exclama Balïn, cela ne te ressemble pas de ne rien faire !

— Je ne vais pas mettre en péril cette mission pour un vulgaire cambrioleur ! tonna Thorïn.

— Bilbo, il s’appelle Bilbo, souffla Balïn, choqué par les propos de son futur roi.

— Écoutez, lança Aria, qui ne tenait plus en place. Vous voulez laisser ce pauvre Bilbo mourir tout seul sans essayer de le sauver ? C’est votre problème. Mais moi, de mon vivant, jamais je n’agirais aussi lâchement, alors si vous voulez bien m’excuser, on m’attend ailleurs.

Elle n’attendit pas que quelqu’un lui réponde et s’engouffra dans le tunnel, prête à venir à la rescousse du semi-homme. Le prince nain était malheureusement corrompu. Il pourrait dire ce qu’il voulait, c’était ainsi. Alors qu’elle avançait dans les escaliers, elle fut rejointe par Thorïn qui la plaqua contre les roches.

— Aïe ! jura-t-elle, plus surprise que blessée.

— Je t’ai dit, répondit Thorïn le souffle court, que je ne voulais pas que tu y ailles.

— Le problème, Thorïn, c’est que je ne peux pas laisser un innocent se faire tuer. Même pour ta cause, c’est au-dessus de mes forces.

— Je sais, Aria.

Il prit son visage, les mains en coupe, et la regarda droit dans les yeux.

— Je ne veux pas te perdre, murmura-t-il.

Il se rapprocha d’elle puis posa ses lèvres sur les siennes pour le baiser le plus doux et le plus tendre qu’il était capable de lui donner en cet instant.

Leur étreinte fut brève, mais chargée de promesses.

— Reste là, mon aimée. Fais-moi confiance.

Il n’attendit pas sa réponse et se jeta à son tour dans la gueule du dragon. Il fut vite suivi par le reste du groupe qui se devait de le protéger.

Aria se retrouva seule, le cœur serré une nouvelle fois. Elle se mit à compter les secondes, puis les minutes. Au bout d’une petite heure, elle se décida enfin à bouger. Il était temps d’agir, au loin, elle pouvait entendre les grondements et vociférations du dragon qui était bel et bien en vie et encore là. Elle n’en avait jamais douté.

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Pendant que les nains et le hobbit se battaient pour leur survie, Aria entendit Smaug ruminer entre ses crocs. Il n’avait pas changé, songea-t-elle amèrement. Toujours aussi humble… et bien vivant, comme elle avait pu l’entendre quelques minutes plus tôt. Saleté de bestiole.

Alors qu’elle les épiait depuis un petit moment, elle vit le dragon s’avancer lentement, d’un pas mesuré, vers Thorïn. Le monstre semblait se délecter de ce moment.

— Ainsi donc, siffla-t-il entre ses crocs, Thorïn Oakenshield est venu récupérer ce qu’il pense être son dû.

— Tais-toi, maudite créature ! hurla Thorïn, tu nous as volé, spolié de nos terres et tué nos proches !

Le nain s’approcha, prêt à en découdre. Il n’avait plus peur de rien. Il était trop près du but pour faire marche arrière.

— À moi, souffla Smaug, un sourire vicieux sur la gueule.

Le dragon prit un peu de recul et son abdomen se gonfla, rougeoyant sous la naissance des flammes qui n’allaient pas tarder à se déverser sur cet horrible vermisseau qui se pensait en droit de tout. Droit de rien DU tout, songea Smaug pour lui-même.

— C’est moi, le roi sous la Montagne, cracha-t-il, prenant un peu de distance.

Trop tard pour reculer, comprit Thorïn – pris dans un cul-de-sac –, s’apprêtant à recevoir de plein fouet le souffle volcanique du dragon sur lui. Allait-il mourir si près du but ? C’était trop bête. Il ferma les yeux, priant pour qu’un miracle les sauve.

— Nooon ! hurla une voix féminine qu’il aurait reconnue entre toutes.

—Aria ?! s’affola Thorïn en essayant de voir où elle était.

Non, c’était impossible, il l’avait laissée en sécurité un peu plus haut avec la formelle interdiction de descendre ici. Il fut alors brutalement poussé sur le côté et se retrouva projeté loin du jet de flamme tandis que la jeune femme prenait le souffle de Smaug en pleine face.

— NOOOOON ! hurla Thorïn ! NOOOOON !

Il vivait un cauchemar, ce n’était pas possible, il allait se réveiller. Il ne pouvait détacher son regard de celle qui avait été sienne.

— Non, NON, NOOOOON !

Le corps d’Aria ne ressemblait plus qu’à une longue torche vivante. Les nains, ainsi que Bilbo qui avait assisté de loin à toute la scène, furent comme tétanisés. Seuls les hurlements ininterrompus de Thorïn et la respiration sifflante du dragon s’entendaient au milieu du feu qui crépitait autour et sur Aria. La jeune femme venait de sacrifier sa vie pour lui. Il lui avait pourtant demandé de ne pas bouger. Pourquoi ne l’avait-elle pas écouté ?

— Qu’est-ce que c’était que ceci ? demanda le dragon, intrigué par cette brutale interruption.

Il avait cru reconnaître ce corps, cette tête, mais… non ce ne pouvait pas être… ? Pas après tout ce temps.

— C’est tout ce que tu as en réserve ? lança alors la voix d’Aria derrière les flammes.

D’un revers de magie, la jeune femme s’en débarrassa comme s’il s’était agi d’un vieux drap usé.

Smaug la contempla, n’en croyant pas ses yeux. Il avait bien deviné et ce n’était pas un mirage. Que faisait-elle ici ? Il plissa les yeux.

Les nains, Bilbo et Thorïn, quant à eux, s’étaient pétrifiés. Aria était vivante, elle était sortie indemne des flammes. Elle semblait même très en colère et… plus dangereuse que jamais.

— Mais comment ? voulut savoir Thorïn encore sous le choc, mais heureux qu’elle s’en soit tout de même sortie.

Ce fut le dragon néanmoins qui répondit à la place de la jeune femme.

— Je ne pensais pas vous revoir un jour… princesse, susurra le dragon en faisant semblant d’incliner sa lourde tête.

— Tu n’es qu’un monstre, répondit la jeune femme, furieuse et indifférente aux regards que lui lançaient ses amis.

Elle ne voulait pas croiser celui de Thorïn. Elle redoutait ce qu’elle y lirait bientôt. Non, même si elle avait une envie folle de se tourner vers lui pour lui dire qu’elle l’aimait et que ce n’était pas ce qu’il croyait. Elle ne se leurrait pas. L’heure n’était plus à l’émotion ni à l’amour et aux sentiments. Elle devait aller jusqu’au bout de sa mission, de sa vengeance.

— Un monstre ?! s’étonna Smaug, coupant court à son combat intérieur. Si je suis un monstre, persifla-t-il de plus belle, qu’es-tu donc, toi, belle Ariana ?

Il se mit à tourner tout autour d’elle comme un lion autour de sa proie. Aria était soulagée, elle avait réussi à faire un semblant de diversion. La bête était trop occupée avec elle pour se soucier de Thorïn et des autres, dorénavant. Elle leur aurait bien dit de fuir, mais elle avait peur que Smaug ne les suive à son tour.

— Tu ne me fais pas peur, Smaug le Sournois. Nous sommes peut-être du même peuple, lança-t-elle avec hargne, mais il y a une grande différence entre toi et moi.

— Ah bon ? se moqua le dragon, trop heureux de cet échange inopiné.

Il avait bien vu la réaction du nain depuis qu’elle était sortie indemne du feu. Il aimait le sentiment de confusion qu’il avait lu sur son visage. C’était terriblement palpitant que tout cela. Il décida de parier sur ce qu’il venait de remarquer. Si c’était juste, il allait s’amuser comme un petit fou. Il s’en pourléchait déjà la gueule.

— Mais dites-moi, chère princesse, reprit-il en la vouvoyant, plus malfaisant que jamais, que faites-vous en compagnie de nains ? Savent-ils ce que vous êtes ? Ce que votre père, le roi Adrial a fait ? Ordonné même ?

Les yeux de Smaug s’agrandirent sous l’excitation de ce qu’une telle révélation allait provoquer auprès des amis de la princesse Ariana.

Thorïn suivait cet échange sans trop comprendre. Aria connaissait Smaug ? Elle ne craignait pas le feu non plus ? Elle était du même peuple que lui ? Comprenant ce que tout cela signifiait, l’acidité de la trahison commença à faire son chemin jusque dans son cœur. Non cela ne pouvait être… Elle ne pouvait pas être comme lui ?

— Je vois que tu ne réponds pas, continua Smaug, trop heureux d’installer le doute dans le cœur de ses ennemis.

Se tournant vers le prince nain, il reprit :

— Si je suis venu sur ces terres, c’est sur ordre du roi des Drakons – ou Dragons comme vous nous appelez – Adrial, le père de la princesse ici présente.

Thorïn ne pouvait croire les élucubrations de cette bête hideuse. Il avait détruit sa vie, son peuple. Il devait trouver confirmation auprès d’Aria que tout ceci n’était encore qu’un leurre de cette maudite bestiole. Qu’elle infirme ce que cette engeance du mal était en train de leur révéler. Il la scruta des yeux et ce qu’il découvrit le glaça de la tête aux pieds. Elle ne remettrait pas en cause les révélations de Smaug, comprit-il. Non parce qu’elle avait peur, mais parce que c’était la seule et unique vérité. Il vit alors ce qu’il n’avait pas vu avant. De sa main gauche surgissaient de longues flammèches rouges. Ses yeux grands ouverts, furieux, étaient dorénavant teintés du même jaune que ceux du monstre. Elle était comme lui. Vraiment ?! Celle pour qui il avait fini par ouvrir son cœur était de la même race que son ennemi juré ? Comment avait-il pu être aussi stupide. Quelle traîtresse ! Quelle menteuse, songea-t-il amèrement. Comme il aurait aimé lui crier sa rage et sa haine à la figure, mais aucun mot ne pouvait franchir sa gorge. La douleur et la consternation étaient trop fortes. Trop intenses. Trop présentes.

Aria se refusa à croiser les yeux, qu’elle savait dorénavant accusateurs, de son bien-aimé. Elle ne devait pas se laisser déconcentrer par cet imbécile de Smaug. La dernière fois qu’elle l’avait vu, elle était encore très jeune et impressionnable et, même si elle ne s’était jamais laissée marcher sur les pieds, il n’en restait pas moins qu’à l’époque, il était plus fort qu’elle.

Mais la roue avait tourné, le temps avait passé et ses pouvoirs étaient dorénavant bien plus grands que ceux du dernier sujet du royaume d’Adrial.

— Tu n’es qu’un imbécile, Smaug, si tu crois que tes viles paroles peuvent m’atteindre. Mais pour ta gouverne, je te trouve bien prompt à délivrer des semi-vérités qui n’arrangent que toi et ton bon plaisir.

La tête haute, Aria avança doucement vers le dragon qui louchait presque à force de ne pas la quitter des yeux, lui donnant un petit air benêt.

Doucement, elle tendit la main pour caresser sa gueule.

— Tu n’es qu’un pathétique menteur, mon petit dragon, susurra-t-elle. Père ne t’a jamais ordonné de détruire les nains sous la montagne, encore moins de t’asseoir sur leurs terres et leurs trésors, ni de revendiquer leur royaume.

Elle le lâcha alors et avança encore. S’il voulait la suivre il faudrait qu’il se retourne. Ce qu’il fit.

Il lui barra alors la route et respira bruyamment. Smaug se mit à rire, si tant est qu’un dragon puisse rire, puis inspira lourdement. Un long silence suivi d’un énorme bourdonnement emplit la salle des trésors. Le dragon leur laissa entr’apercevoir ce qui se cachait derrière la bête. La tête d’un homme apparu, qui se pencha doucement vers la jeune femme qui avait cessé d’avancer.

Le temps sembla se suspendre et Smaug fixa la princesse de ses yeux d’homme, tel un amant prêt à succomber à sa maîtresse.

— J’aurais pu tout te donner, douce Ariana, princesse des Drakons, mais tu m’as méprisé depuis le jour où j’ai posé les yeux sur toi.

— Comment en aurait-il pu être autrement, jeta Aria avec lassitude, je connaissais déjà ta réputation. Crois-tu vraiment que j’aurais remis ma vie et mon cœur à un être que j’abhorre plus que tout ?

— J’ai toujours aimé ta combativité, mais je ne comprends pas pourquoi tu m’as préféré un nain ? cracha-t-il dédaigneusement.

Smaug se retourna pour fixer Thorïn des yeux avec colère, puis revint à elle.

— Sois à moi et installons-nous ici, souffla-t-il et je leur laisserais peut-être la vie sauve.

Aria était médusée. Comment osait-il lui faire ce genre de proposition ici et maintenant ? Leurs visages étaient à deux doigts de se toucher. La jeune femme sut qu’il était temps de se libérer de sa trop grande colère, de cette trop grande rancœur qu’elle gardait enfermée en elle depuis tant de décennies.

Dans un hurlement de rage, elle repoussa le drakon et se jeta sur lui, se transformant à son tour devant les nains et Bilbo qui la fixaient toujours ébahi. Ses mains devinrent des griffes, sa tête s’allongea, son corps enfla pour laisser place à … Un terrible dragon aussi grand et encore plus majestueux que ne l’était Smaug. Ce dernier, comprenant que le moment était venu, reprit lui aussi sa forme complète de monstre et se prépara à livrer bataille. Il aimait l’excitation qui précédait un combat féroce. Tuer la princesse serait un bon divertissement, finalement.

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Ariana se battait avec toute la rage et le désespoir qui l’animaient. Elle aurait aimé faire abstraction de l’aversion qu’elle avait lue sur le visage de Thorïn avant qu’elle ne se transforme, ne laissant plus aucun doute sur la nature de ce qu’elle lui inspirait à présent, mais c’était au-dessus de ses forces. Il était trop tard pour espérer un retour en arrière. Autant aller jusqu’au bout, maintenant.

Les nains non plus n’en restèrent pas là et se reprirent bien vite. De loin, Ariana les vit courir dans tous les sens sous les ordres de Thorïn. Ils semblaient préparer quelque chose. Ils partirent en direction des forges qu’elle entendit s’activer. Les deux dragons mirent un moment avant d’être attirés par la curiosité. Ils suivirent le bruit pour s’arrêter devant un gigantesque caisson rectangulaire fait en pierre, tout en s’envoyant des coups de griffes mortels.

— SMAUG ! hurla Thorïn, jamais plus tu ne t’assoiras sur nos trésors dans nos montagnes. Plus aucun dragon ne le fera !

Mais que ? se demanda Aria qui sembla aussi surprise que Smaug quand les nains lâchèrent la boite qui abritait une immense statue d’or représentant le défunt roi Thror. Aussi subjugués l’un que l’autre, Smaug et Aria arrêtèrent de se battre pour s’avancer vers cette incroyable e

Fascinant, admira Aria avant de comprendre…

— Non ! hurla-telle en se reculant, mais il était déjà trop tard.

L’or encore liquide et bouillant vint se rependre en grande giclée sur Smaug et sur elle-même. Une sombre pensée paralysa son cerveau. Thorïn avait cru pouvoir les tuer en les ébouillantant avec de l’or pur ?

Trahison, chantonna sa conscience.

Smaug, quant à lui, était furieux ! De quel droit ces vermisseaux avaient-ils osé se jouer de lui ? Ah ! Ils allaient tous le payer cher. Alors qu’il s’envolait dans le ciel, Aria s’alarma de le voir prendre le cap vers… Oh non ! S’alarma-t-elle. Il ne pensait tout de même pas à faire ce qu’elle pensait qu’il allait faire ?

— Puisque tu le prends ainsi, Princesse, et parce que ces nains m’agacent un peu, je vais aller me dégourdir le souffle sur le village qui se trouve un peu plus loin, ricana la bête avant de donner un grand coup d’aile en direction de Bourg-du-Lac.

— Espèce de lâche ! cria Ariana. Reviens ici !

— Jamais ! tonna Smaug, je vais vous le faire payer à tous et ma vengeance sera terrible !

— Non ! Je n’en ai pas fini avec toi vile créature ! hurla Aria qui se lança à sa poursuite.

Les nains qui avaient assistés à la scène, virent les deux dragons s’envoler en direction du village où se trouvaient encore Kili, Fili, Oïn et Bofur. Ils n’avaient pu qu’assister, impuissants, au dur combat entre les deux bêtes.

Alors que Smaug jubilait du méfait qu’il allait commettre, Aria se jura qu’elle l’arrêterait et qu’elle le lui ferait payer très cher. Elle espéra juste que Bard s’était préparé au pire. Il savait ce qui allait arriver, il l’avait compris avec cette fameuse prophétie. Erebor était maudit, maudit par un sale dragon qui avait déjà fait assez de mal comme cela. Il fallait l’arrêter, coûte que coûte.

oO§Oo

Pendant ce temps, sous la montagne d’Erebor, les nains tentaient de se remettre de ce qu’ils avaient découvert et de la scène à laquelle ils venaient tous d’assister.

— Alors comme cela Dame Aria est aussi un dragon et leur princesse ?! souffla Bilbo abasourdi.

Les huit nains venaient de rejoindre Thorïn qui semblait toujours pétrifié par cette terrible découverte.

— Elle s’est bien jouée de nous, grogna-t-il.

— Je ne dirais pas vraiment cela, objecta doucement Balïn, elle t’a tout de même sauvé la vie tout à l’heure.

Le regard incendiaire que lui lança Thorïn ne lui donna pas envie de poursuivre. C’est vrai, elle lui avait sauvé la vie, mais elle lui avait aussi dissimulé la vérité, ce qui était impardonnable. Englobant la salle du regard, un sentiment de sécurité et de chaleur lui étreignit le cœur. Ils avaient toutefois réussi. Ils avaient repris la montagne ainsi que le trésor au dragon ! Cela dit, il manquait toujours quelque chose d’indispensable pour que son bonheur soit total.

— L’Arkenstone ! tonna Thorïn, où est mon Arkenstone ?

Le nain scruta les environs, l’air féroce.

Les autres le dévisagèrent, comprenant que leur prince restait toujours gravement obnubilé par cette pierre.

— Maître Cambrioleur, ne l’avez-vous pas récupérée ? demanda Dori.

Bilbo se tourna vers lui, la mine soucieuse.

— Heu, c’est-à-dire que je ne l’ai pas trouvée, je…

— Ce n’est pas grave, répliqua Thorïn la mine sombre. Nous aurons bien le temps de remettre la main dessus.

Il avisa son royaume d’un coup d’œil.

— Nous allons avoir beaucoup de choses à faire, reconstruire ce palais et lui redonner sa splendeur, mais en attendant, reposons-nous.

— Mais, protesta Bilbo, et le village ? Et les autres ? Smaug est parti dans leur direction avec Dame Aria…

Il dévisagea le prince un instant avant de reprendre :

— N’irons-nous pas aider ces pauvres villageois ?

— Ce ne sont plus nos affaires, grogna Thorïn. Je ne quitterai pas ma montagne ni mon trésor.

Il partit s’assoir sur une chaise qui n’était pas branlante et qui tenait encore debout.

— Mais vos neveux et Bofur ? questionna Gloïn avec incrédulité qui n’en croyait pas ses oreilles lui non plus.

Leur prince allait-il vraiment abandonner ses propres neveux, les enfants de sa sœur bien aimée ?

Thorïn était-il devenu fou ? songea amèrement Bilbo. Comment pouvait-on changer en si peu de temps ? Était-ce cela, la malédiction d’Erebor ? La folie des rois ? Thorïn semblait lui aussi atteint et le hobbit ferma les yeux en priant très fort pour qu’Aria, qu’il savait de leur côté, puisse empêcher le massacre que Smaug s’apprêtait à commettre.

— Mais qu’avons-nous fait ? souffla-t-il. Qu’avons-nous fait ?!

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Annotations

* Im gelir ceni ad lintarien Ariana – Je suis heureux de vous revoir Ariana – Phrase en elfique

* Ce premier Arc se termine au même endroit que le second film. C’était un choix assumé de ma part. Sachez toutefois que lorsque j’ai écrit cette fanfiction, le troisième film n’était pas encore sorti.

A propos Annalia 85 Articles
Jeune quarantenaire ayant trois enfants. J’aime écrire sur les univers que j'affectionne et les tordre à ma convenance dans différentes fanfictions ou dans des histoires originales

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