14. Un Nouvel Ennemi

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Un Nouvel Ennemi


Attention : un passage Lemon (scènes très épicées), se trouve dans ce chapitre. Si vous ne voulez pas le lire, il vous faudra passer les premiers POV de Thranduil et Cerise.


Thranduil


À peine avais-je mis les pieds dans les cavernes de Mirkwood qu’une envie sourde de revoir Cerise m’étreignit la poitrine. Le mal était vaincu, les elfes Sylvain avaient activement participé à l’éradication de la vermine, je pouvais enfin avoir le cœur plus léger.  Mon conseiller, Annaël, vint vers moi dans le but évident de me parler.

— Majesté, commença-t-il, je…

— Pas pour le moment, le coupai-je. J’ai besoin de me rafraîchir. La route fut longue et les combats harassants.

— Bien sûr, répondit-il en avant de se pousser pour me laisser passer. Nous aurons bien le temps de discuter plus tard, termina-t-il.

J’acquiesçai avant de me ruer comme un jeune ellon qui découvre tout de l’amour dans mes appartements. Mon cœur battait fort et mes mains étaient moites lorsque j’ouvris la porte. Regardant autour de moi, je ne la vis nulle part. Ma petite humaine n’était pas là. Déconcerté par cette attitude qui me ressemblait si peu, je pris le temps de souffler pour reprendre contenance. Où pouvait-elle bien être ? Une fulgurance frappa mon esprit, une évidence même, car j’étais certain de la trouver là-bas. Mû par cette intuition qui ne me quittait pas, je me rendis dans les jardins d’Elenna et me dirigeai vers la tente. Dès que je la vis, mon cœur se calma et un sentiment de plénitude aussi soudain qu’incompréhensible m’emplit. Chassant vivement les pensées insidieuses qui me torturaient l’esprit, je m’approchai de ma belle endormie et la contemplai jusqu’à ce qu’elle s’éveille.

Je ne m’expliquais pas cette attirance déraisonnée que j’éprouvais à son égard, tout comme je n’arrivais plus à taire ou bien même à contenir cette passion qui m’enhardissait. J’avais bien essayé de me divertir en lui parlant, mais le résultat avait été le même. Je n’aspirais qu’à la prendre dans mes bras, à l’embrasser et à… vouloir beaucoup plus. Je tentai de me reprendre, mais en vain. Je ne voulais plus lutter dans cette bataille perdue d’avance.

Elle était entre mes bras, et c’était tout ce qui comptait. Je ne voulais plus réfléchir, je voulais oublier qui j’étais.


Cerise


Je n’avais plus peur et, embrassée par Thranduil, une part de moi désirait même qu’il fasse beaucoup plus. Toujours dans ses bras, il me souleva comme si je ne pesais rien, puis il me déposa avec précaution sur des coussins avant de s’allonger sur moi. Comment était-ce possible ? Pourquoi le Roi… Non, Cerise, m’admonestai-je. Tais-toi, ne pense plus ! Les battements erratiques de mon cœur faillirent avoir raison de moi. Je pouvais sentir ses larges mains pétrir mon corps avec une fébrile impatience. Soupirant d’aise, je passai ma langue sur mes lèvres asséchées pendant que la sienne traçait une ligne de feu le long de mon cou.

Prenant mon geste pour une invitation, il se redressa pour prendre de nouveau ma bouche. Son baiser, loin d’être doux, était encore plus passionné et exigeant que quelques instants plus tôt.

Thranduil semblait aspirer à davantage qu’une étreinte innocente en guise de retrouvailles et je ne savais pas si elle était sûre de le désirer autant. Je savais que le Roi pouvait faire ou avoir ce qu’il voulait, mais j’étais humaine, comme me le rappelait si souvent Liamarë et surtout… J’avais compris que les elfes ne prenaient pas si facilement des amantes, et encore moins des concubines. Est-ce que je voulais vraiment devenir l’une ou l’autre de ces femmes ? Oui, cela me faisait peur, tout comme le fait de perdre ma virginité avait quelque chose d’aussi excitant qu’effrayant.
« J’ai peur » ne cessait de répéter mon cerveau. Je n’avais jamais été aussi rationnelle que maintenant. J’aurais aimé prendre tout cela avec de la distance, mais c’était impossible. Cependant, mon corps répondait avec le même empressement que celui de Thranduil.

Comme s’il avait lu dans mes pensées, Thranduil s’arrêta un instant pour se relever légèrement. Il me questionna du regard et je sus qu’il s’arrêterait si je le lui demandais. J’appréciai sa sollicitude à mon égard. Lâchant un soupir, je le fixai un moment, les yeux mi-clos. Et, malgré tous mes questionnements et ce que j’avais pu penser un peu plus tôt, je voulais qu’il continue. Ma curiosité serait ma perte.

— Thranduil, murmurai-je, en une sorte d’acquiescement tacite.

Comme dans un rêve, il commença à retirer ses vêtements et m’encouragea à en faire de même avec les miens. Alors que je le voyais pour la première fois torse nu — et bien que cette vision empreinte d’érotisme me chamboulât tout à fait — ma bonne vieille conscience se manifesta une seconde fois. Je ne pouvais, hélas, couper court à ce que mon cerveau venait de me rappeler, envoyant de longs signaux d’alarme qu’il m’était difficile d’ignorer, même en cet instant de pure volupté. Alors que j’étais en sous-vêtements, je tendis le bras vers son torse que je touchai du bout des doigts. Il avait la peau si douce et glabre. Je ne pouvais guère ne pas apprécier ses pectoraux finement sculptés. En cet instant précis, j’avais terriblement envie de lui et à voir ses yeux assombris, à entendre sa respiration heurtée, je savais que c’était réciproque.

— Thranduil, commençai-je, la voix rendue râpeuse par mon désir de lui, nous ne pouvons pas continuer ainsi.

Que cela avait été dur à dire ! Mais il le fallait, ce n’était pas le moment d’être irresponsable même en étant ivre de passion.

— Je vous demande pardon ?! s’exclama-t-il surpris, inconscient du chemin qu’avaient prises mes pensées. Que vous arrive-t-il ?

Il ferma les yeux comme pour refouler une sorte de douleur. Pour une fois, je m’en voulus de le laisser dans un tel état, mais je n’avais pas le choix.

— Je… commençais-je, ignorant comment formuler la chose… Je ne prends pas la pilule et je crains que nous n’ayons pas de préservatif sur nous.

Je me mordis la lèvre jusqu’au sang. Je m’en voulais de ne pas y avoir pensé plus tôt. Le pire dans l’histoire, c’est qu’il me semblait en avoir au moins un paquet dans mon grand sac.

Thranduil venait de se tétaniser en entendant mes propos, je voyais bien qu’il semblait perdu. Je me demandai alors si les contraceptifs existaient en Terre du Milieu ?

— De préserva … ?

Le Roi ne termina pas sa phrase. Je sus alors qu’il ne savait pas de quoi il s’agissait. Et je vis son incompréhension se muer en agacement. Pouvais-je lui en vouloir ?

— Je ne sais pas de quoi vous parlez, Cerise. Est-ce vraiment le moment ? me demanda-t-il le souffle saccadé.

Loin d’être vexée par son emportement, je dus me retenir de rire. Le pauvre, j’avais vraiment l’impression qu’il pensait que je faisais exprès d’être sans cœur avec lui en le faisant tourner en bourrique.

— Non, je ne peux pas. J’ai très envie de faire l’amour avec vous, Thranduil, mais pas au risque de tomber enceinte, répliquai-je fermement. Si ce genre d’accident devait arriver, je ne me le pardonnerais jamais.

Je me sentis tout à faire rougir en disant cela. Thranduil, quant à lui, affichait maintenant un air surpris, puis je fus sidérée de l’entendre éclater de rire.

— Cela vous fait rire, vous ? Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, bougonnai-je.

Froissée dans mon amour propre, je croisai les bras sur ma poitrine.

— Il n’y a rien de drôle, Cerise, hormis vous peut-être. Voyons, un enfant n’est pas un accident. C’est la plus belle chose qu’un couple pourrait recevoir des Valar.

— Pardon ?! m’exclamai-je étonnée.

Se moquait-il de moi ?

— Comme je vous le disais, il y a de cela quelque temps, les elfes n’ont pas cette faculté qu’ont les êtres humains à se reproduire aussi vite. Notre longévité ne nous oblige pas à cela et de fait, nous ne le voulons pas.

Il s’arrêta un instant pour s’asseoir près de moi et reprit :

— Si par le plus grand des hasards, vous tombiez enceinte de nos ébats — ce qui n’arrivera certainement pas –, ce serait pour moi une grande joie que d’accueillir un nouvel être.

Je le scrutai attentivement, recherchant sur son visage une once de mensonge dans ce qu’il venait de dire, mais on m’avait dit que les elfes ne mentaient jamais.

— Je ne vous crois pas, dis-je, peu convaincue par son discours. Je ne vous crois pas, car je ne pense pas que le grand Thranduil, Roi des Elfes Sylvains, verrait d’un très bon œil la naissance d’un bâtard à moitié humain.

Je ne l’avais pas quitté des yeux en disant cela et j’eus la confirmation que j’avais vu juste. Il venait de blêmir. Toutefois, loin de me mettre en colère, son attitude me rassura. Je ne voulais pas prendre de risque et, si jamais nous faisions l’amour sans protection, je voulais être sûre que rien de fâcheux ne nous arriverait, enfin ne m’arriverait.

— Certes, dit-il, quoi qu’il en soit, la question ne se pose pas, vous ne le serez pas.

— Je ne serai pas quoi ?

— Enceinte de mes œuvres.

Il semblait énervé.

— Comment en êtes-vous si sûr ? ne pus-je m’empêcher de lui demander.

S’il pensait s’en sortir aussi facilement, il se mettait le doigt dans l’œil.

— Parce que je n’ai conçu mon fils qu’au bout d’un millénaire avec mon épouse.

— Oh !

— « Oh ». Quoi Cerise ?

Thranduil commença à perdre patience.

— Vous êtes donc stérile ?

— Non, mais avez-vous écouté un seul mot de ce que je viens de vous dire ?

— Oui, j’ai compris, mais je vous préviens, je refuse de porter un marmot, quel qu’il soit. Je suis trop jeune pour être mère d’un mouflet morveux et baveux, même le vôtre.

Pouah ! Rien que d’y penser, j’en avais des frissons de dégoût. Tout à mes horribles pensées, je ne vis pas tout de suite le visage éberlué du roi des elfes.

Quand je redressai finalement la tête, il avait l’air parfaitement horrifié.

— Vous êtes la femme la plus étrange que je connaisse, Cerise. Je ne vous savais pas si cruelle.

J’avalai de travers au dernier mot.

— Cruelle ? Mais en quoi suis-je cruelle ?

— Vous seriez prête à tuer votre enfant parce que vous n’en voulez pas.

J’allais rétorquer quelque chose, mais il m’arrêta dans mon élan en levant la main.

— Comme je vous l’ai dit, chez nous, l’arrivée d’un enfant, même bâtard, est une bénédiction. Nous les accueillons tous avec une immense joie et avec le respect qui leur est dû. C’est la volonté des Valar. Qui sommes-nous pour nous dresser contre eux ?

Je fus profondément estomaquée par de tels propos. Dans mon monde, il y avait encore ce genre de discours, mais au 21e siècle et en France en tout cas, l’avortement était un droit. Un droit pour lequel femmes s’étaient battues et se battaient encore pour le préserver. Bien que je comprenne son point de vue, cette conversation avait ravivé des souvenirs en moi que je préférais occulter pour le moment.

Exhalant un profond soupir de lassitude, je me relevai et lui tournai le dos tout en cherchant mes vêtements.

— Que faites-vous, Cerise ? me demanda-t-il avec un certain étonnement dans la voix.

— Je me rhabille, répondis-je laconiquement.

Je sentis un courant d’air frais passer derrière mon dos, me signifiant que le Roi venait de se lever lui aussi. Je voulus me retourner, mais je fus surprise de sentir ses bras nus se refermer sur moi.

— Nous n’avons pas fini Cerise, nous avons à peine commencé, me susurra-t-il au creux de l’oreille, ce qui eut pour effet de me faire frissonner d’anticipation.

Lentement, je pivotai entre ses bras pour lui faire face.

— Vous voulez vraiment poursuivre après cette conversation ? demandai-je sceptique.

— Plus que jamais.

On peut dire qu’il ne perdait pas le Nord cet elfe-là !

Sans attendre de réponse de ma part, ses lèvres fondirent une nouvelle fois sur les miennes et je pus sentir sa langue se frayer un chemin à l’intérieur de ma bouche. D’un geste sûr, il me retira mon soutien-gorge, puis il se mit à titiller la pointe d’un de mes mamelons entre ses doigts. C’était une sensation… intéressante, mais je n’avais jamais été très sensible à cet endroit-là. Finalement, je lui pris sa main baladeuse pour la reposer contre mon flanc.

Il quitta alors mes lèvres pour me questionner du regard.

— Je ne suis pas très réceptive à ce niveau, soufflai-je, rouge comme une tomate.

Secouant la tête, un sourire torve sur les lèvres, il me repoussa doucement tout en posant ses mains sur mes épaules. D’une pression, il me fit comprendre qu’il était temps que je me rallonge. Ce n’est qu’une fois adossée contre les coussins que je m’aperçus que le seul rempart à ma nudité était ma petite culotte. Relevant la tête, je crus mourir sous le coup d’une terrible chaleur. Thranduil était debout et m’observait, ses yeux avaient noirci sous l’intensité de son désir et je compris que notre conversation n’avait absolument pas amoindri son envie de me faire l’amour. Descendant mon regard un peu plus bas, je pus voir à quel point il était décidé à aller jusqu’au bout. Comme dans un rêve, je le vis délacer son pantalon gris argenté avec une insoutenable lenteur calculée. Ensuite vint le tour de ses caleçons et…

— Cerise, exigea-t-il, arrêtez de cacher vos yeux derrière vos mains et regardez-moi.

— Je ne peux pas, dis-je stupidement.

Car oui, en cet instant, j’étais aussi stupide que pudique. Allez, ma vieille, me tançai-je, cela ne te gênait pas avant de reluquer des hommes nus. Tu as même des photos de Craig Parker plutôt dénudée dans ton portable, je te rappelle.

Alors, je fis ce qu’il me demandait et j’eus le souffle coupé face à la vision de cet homme. Il était complètement nu et sa virilité faisait un angle droit avec le reste de son corps. Je sentis ma bouche s’humidifier et, alors qu’il se baissait pour m’étreindre à nouveau, j’eus cette pensée tout à fait idiote : il n’a pas de poils au torse, mais c’était loin d’être le cas ailleurs et oui, c’était un vrai blond… Comme moi.


Thranduil


Malgré toutes les inepties dont elle m’avait rebattu les oreilles, retardant sans doute inconsciemment le moment où j’allais la faire enfin mienne, j’avais toujours, sinon plus envie d’elle. C’était inexplicable. J’avais ressenti un plaisir immense à me mettre nu sous son regard. Voir son joli visage virer au rouge carmin avait été des plus réjouissant. À présent, elle était entre mes bras et je me délectais déjà de ce qui allait fatalement arriver.

Tandis que je m’apprêtais à la posséder, je repensai à l’incroyable conversation que nous venions d’avoir. Je n’avais pas réfléchi au fait que je pouvais lui faire un enfant. Cela ne m’avait pas traversé l’esprit alors que cela aurait dû. Je ne lui avais pas menti, je ne pensais pas, en toute objectivité, qu’elle et moi aurions à appréhender ce genre de surprise. J’avais aimé Elenna avec Une rare intensité et nous avions patienté longtemps avant que Legolas arrive enfin. Nous avions désiré un second enfant que nous n’avions jamais eu. Si je ne doutais pas de la possibilité qu’une humaine et un elfe puissent procréer, j’émettais des doutes sur le court terme. Et quand bien même. Si Cerise devait se retrouver enceinte, je serais plus que ravi de prendre mes responsabilités. Ce qui me surprit toutefois fut le bonheur manifeste que je ressentis à cette éventualité. Je devais me ressaisir, Cerise n’était pas Elenna.

Écartant ces drôles de pensées de mon esprit, je me focalisai sur la jeune femme étendue face à moi. En cet instant, seule comptait la douceur de son corps contre le mien. Délicatement, je passai ma main contre ses flancs, puis sur son ventre et mes doigts butèrent contre le tissu qui couvrait encore son intimité. Cela était inconcevable. Pris d’une impatience fébrile, j’arrachai le vêtement sans états d’âme. Je l’entendis à peine s’offusquer d’avoir malmené ainsi ses dessous. N’y tenant plus, je baissai la tête pour humer avec un plaisir immense la fragrance qui s’échappait des pores de sa peau. C’était musqué et floral, une odeur de femme. Mes doigts continuèrent leur exploration et je fronçai les sourcils d’incompréhension en sentant quelque chose de dru sur ses jambes. Baissant les yeux, je reconnus des poils éparpillés un peu partout, tout aussi blonds que sa chevelure.

Cerise, s’apercevant de ce qui m’avait arrêté dans mon ascension, fut prise d’une subite envie de se dérober à ma vue.

— Que pensez-vous faire là, jeune fille ? dis-je d’une voix grondante.

— Je ne suis pas épilée, se justifia-t-elle.

Elle semblait mortifiée.

Je haussai un sourcil à ces mots. Peu m’importait qu’elle le soit ou pas, je la trouvais appétissante et ces quelques poils étaient la preuve qu’elle n’était pas des nôtres, qu’elle était un fruit nouveau à goûter avec délectation… un fruit défendu.

Prestement, je me redressai, toujours collé à elle. Je la vis hésiter à me toucher et compris qu’elle ne le ferait sans doute pas si je ne l’y invitais pas.

— Touchez-moi, Cerise.

Enfin, je sentis ses doigts timides sur mon corps. Elle commença par me caresser les épaules avant de les passer sur mon torse, puis sur le ventre. Ni tenant plus, je basculai sur le dos, l’entraînant dans ma chute. Elle se retrouva alors sur moi. Je pouvais sentir ses cheveux balayer ma poitrine. Elle avait le souffle court. Quelques secondes plus tard, sa bouche se posa sur la mienne et nous nous embrassâmes à en perdre haleine.

J’aimais ses baisers, énormément. Pour le lui prouver et le lui montrer, je pris sa main dans la mienne et la posai sans préambule un peu plus bas. Je voulais qu’elle me touche à cet endroit. Je le voulais plus que tout et n’en pouvais plus d’attendre. Elle émit un hoquet de surprise avant de refermer ses doigts sur moi. Je fermai les yeux sous l’afflux de plaisir qui monta en flèche tel un déferlement électrique. Pinçant les lèvres, je dus me retenir de ne pas me jeter sur elle pour la posséder sur le champ. Elle était innocente, me rappelai-je, il fallait que je lui laisse le temps de comprendre ce qui allait se passer entre nous… inévitablement.

Lentement, elle imprima à sa main des mouvements de va-et-vient maladroits qui me rendirent presque fou. Pour lui donner le change, j’entrepris de la caresser comme je l’avais fait il y a quelques nuits de cela. Elle commença à gémir contre mes lèvres. Je passai mon index à l’intérieur des replis de son intimité. Elle était incroyablement serrée et je dus m’y prendre très doucement pour ne pas lui faire mal. Une fois qu’elle fut habituée à cette intrusion et que je la sentis se déhancher contre ma paume, je tentai de glisser en elle une deuxième phalange. Nous entreprîmes alors de nous faire du bien mutuellement et, bien vite, nos gestes furent de plus en plus désordonnés. Elle ne se contrôlait plus et j’eus l’entière satisfaction de la voir perdre pied.

N’y tenant plus, je me redressai un peu pour me positionner entre ses cuisses. Quand ma virilité entra en contact avec ses lèvres intimes, je dus me retenir pour ne pas prendre sauvagement ce qui m’était dû. Lentement, je tentai de me frayer un passage en elle. Ce ne fut pas la chose la plus évidente qu’il m’eût été donné de faire. Je n’avais pas l’habitude. La seule que j’avais connue avait été … Je ne préférais pas y penser maintenant.

— Vous me faites mal, gémit Cerise tout contre mon oreille.

— Je suis navré, petite, soufflai-je difficilement.

Sous l’effort, des gouttes de sueur commencèrent à perler le long de mes tempes. Je ne savais pas si y aller aussi doucement était finalement une bonne chose. Serrant les dents, je pris la décision d’entrer d’une seule et brusque poussée.

Cerise cria.

— Je n’avais pas le choix, marmonnai-je, me rendant compte que j’étais entièrement en elle.

Je pouvais sentir ses muscles intimes entourer mon sexe et le stimuler au-delà du supportable. Elle était incroyablement étroite, quant à moi, cela faisait trop longtemps. J’attendis cependant encore quelques instants, le temps qu’elle s’habitue à moi.

— Allez-vous mieux ? demandai-je difficilement.

— Oui… Oui, je crois que ça va.

Sa voix tremblait légèrement. Je n’avais pas voulu la blesser, mais c’était inévitable et, dans sa situation, cela devait arriver. J’espérais juste que la souffrance qu’elle ressentait s’estomperait rapidement.

Tout en commençant mes va-et-vient, je caressai du mieux que je le pus son petit bouton de chair pour que la douleur soit remplacée par le plaisir. Quand je la sentis se déhancher doucement à nouveau sous moi, je repris un rythme plus soutenu et bien vite, je me perdis dans les confins de la volupté.

Je ne fus pas long à atteindre l’orgasme et c’est dans un râle feutré que je m’abandonnai en elle.


Cerise


Je nageai entre l’incrédulité et l’étonnement. J’étais en train de faire l’amour avec le Roi des Elfes. Le voir s’abandonner ainsi dans l’acte charnel me procura du plaisir, bien que ses coups de reins me donnaient plutôt envie de gémir de douleur. Mandieu, personne ne m’avait dit que cela faisait aussi mal de se faire dépuceler. Je ne remerciais pas mes maudits bouquins dans lesquels l’héroïne, une fois la douleur passée, hurlait de plaisir à tue-tête. Heureusement, la souffrance s’était muée en simple gêne, mais quand même… Je n’avais qu’une hâte, qu’il termine au plus vite ce qu’il était en train de faire et qu’il me libère de son poids. Pas sportive pour un sou, j’avais du mal à ne pas crier sous le supplice que me causait le fait que mes cuisses soient aussi écartelées.

Je faillis soupirer de soulagement quand je le sentis se tendre au-dessus de moi avant de pousser un simple râle de contentement. L’avisant entre mes paupières à demi fermées, je dus m’avouer que la vision de cet homme, pardon de cet elfe – je ne m’y habituerais jamais – en train de prendre son plaisir était assez stimulante. Cependant, j’étais plutôt mitigée. Ma première fois n’avait rien de génial, bien que Thranduil ait fait son maximum pour me faciliter la chose, je devais bien l’admettre. Quelques instants plus tard, il roula sur le côté, m’entraînant avec lui. C’était étrange que de me retrouver dans ses bras, là de cette manière. Pour tout dire, cela me gênait un peu aussi.

— Vous me voyez navré que cette première fois n’ait pas été plus satisfaisante pour vous, commença-t-il tout en se tournant légèrement vers moi.

Il avait les joues rosies et les yeux brillants. Allez savoir pourquoi, mais je trouvai cela plutôt mignon… et rassurant. Le grand roi des Elfes était un homme comme tout le monde finalement, avec des envies et des besoins primaires.

— Vous savez, je ne suis pas plus déçue que cela, dis-je détachée. Je me doutais que ça ne serait pas glorieux la première fois.

Au fond de moi, je devais m’avouer que cette expérience en demi-teinte ne donnait pas envie de recommencer. Juste au moment où je me faisais cette réflexion, je sentis une légère brûlure à l’intérieur de mon intimité. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit d’autre, Thranduil se pencha sur moi pour m’embrasser. J’adorais ses baisers, il pouvait le faire autant de fois que cela lui chantait. Je sentis alors un de ses doigts contre mon clitoris. La chaleur de pur désir qui m’enflamma les reins me fit écarter les yeux. Doucement, il commença à me masser à cet endroit, alternant avec un doigté incroyable la façon de me toucher. Puis, il glissa son majeur en moi et reproduisit l’acte charnel tout en me caressant en même temps. Je ne fus pas longue à atteindre le septième ciel et c’est dans un long gémissement extatique que je laissai le plaisir exploser en moi.

Il me fallut bien quelques minutes pour m’en remettre. Je n’avais plus qu’une envie dorénavant, c’était celle de dormir, mais les lois de la nature humaine se rappelèrent à moi de la plus humiliante des façons. Cela non plus n’était pas dit dans les romances. J’avais un besoin urgent de faire pipi et je pouvais clairement sentir quelque chose de gluant couler le long de mes cuisses. Comprenant ce dont il s’agissait – enfin sans doute –, je me relevai d’un bond, prenant Thranduil par surprise.

— Que vous arrive-t-il, Cerise ? me demanda-t-il en fronçant les sourcils.

— Il faut que j’aille au petit coin – il me regarda sans comprendre. Cela aurait été trop beau qu’il comprenne du premier coup –, que j’aille faire pipi, déclarai-je sans ambages.

Après tout, nous avions échangé nos fluides, lui et moi. D’ailleurs, il y en avait un en ce moment même qui ne rêvait que de liberté.

— La pièce des aisances est située un peu plus au nord de ce jardin, me répondit-il en commençant à se rhabiller sans me regarder.

Comprenant ce que cela voulait dire, je fis de même en priant pour que le liquide qui coulait entre mes cuisses ne descende pas plus bas que mes genoux.

— Cerise, m’interpella Thranduil. Venez par ici, une minute, voulez-vous.

Je revins vers lui et il me prit par surprise quand il récupéra un linge humide et qu’il écarta sans ménagement mes jambes après avoir soulevé ma robe.

— Non. J’ai honte, murmurai-je.

— Vous ne devriez pas, petite, répondit-il doucement. Il n’y a rien de honteux à ce que nous venons de vivre.

Il s’occupa alors de mon intimité en nettoyant les flux qui s’en échappaient et qui me gênaient tant. Curieuse, j’avisai cet elfe si hautain qui était présentement agenouillé face à moi et qui me nettoyait consciencieusement. Quand il eut fini, je pus voir clairement que le tissu qu’il avait utilisé était taché de rouge.

— Vous avez perdu un peu de sang, me confirma-t-il, mais c’est tout à fait normal la première fois, Cerise.

Puis il me tendit la main pour m’inviter à sortir de la tente. Lorsque je passai devant lui, il prit une mèche de mes cheveux entre ses doigts.

— Vous m’avez grandement manqué.

Avant que je ne puisse rétorquer quoi que ce soit, il partit devant moi et je n’eus plus qu’à me rendre seule jusqu’à la salle où se trouvaient les toilettes. J’avais encore du mal à croire à tout ce que je venais de vivre. Avions-nous réellement… Secouant la tête pour me remettre les idées en place, je sentis mes joues chauffer grandement.

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Ma petite affaire faite, Thranduil me raccompagna jusqu’à l’esplanade principale. Ensuite, il me quitta pour se rendre à son trône. Ne voulant pas croiser tous ses gens, je décidai de me promener avant de rentrer à ses appartements. J’avais besoin de me remettre de ce que je venais de vivre avec lui. Non que j’en aie honte, mais je me sentais mal à l’aise. Cette première fois aurait pu être pire. Cela dit, elle aurait pu être tellement mieux aussi. À quoi m’étais-je attendue ? Thranduil avait été attentionné à mon égard. Il m’avait même donné du plaisir, pas dans l’acte en lui-même, mais ce n’est pas ce que j’attendais. Il n’y avait pas eu de confidences et de mots doux entre nous. Qu’avais-je espéré ? Était-ce insensé que de vouloir encore croire au prince charmant ? Alors pourquoi avais-je couché avec lui ? Parce que j’en avais eu très envie, certes, mais j’en attendais tellement plus. Certes, une toute petite partie de moi était heureuse que ma première fois se soit passée avec lui. Parce que, au moins, il n’avait pas fait semblant de me désirer et il avait pris soin de moi, d’une certaine façon.

Tandis que j’arpentais comme une âme en peine les couloirs suspendus de Mirkwood, je croisai, au détour d’un couloir, Liamarë en compagnie de Dagnir. Avais-je loupé mes cours de Sindarin ? Réfléchissant à toute vitesse, je me souvins qu’aujourd’hui était un jour sans. Que pouvaient donc bien faire ensemble mon amie et mon tortionnaire ? Curieuse je m’avançai vers eux jusqu’à buter contre une dalle quand je vis Dagnir, le coincé de service, enlacer avec passion mon amie.

— Oh bordel ! m’exclamai-je, haut et fort malgré moi.

C’était une chose que de le supposer et une autre que de le vérifier. Je n’avais pu retenir ma surprise. Le couple se retourna dans ma direction.

— Cerise ! s’écria Liamarë, tandis que Dagnir poussait, très certainement, un juron en elfique que je ne compris pas.

J’aurais dû m’en douter, non mieux, je le savais, mais j’avais préféré fermer les yeux sur ce qui se tramait devant moi. Sans doute étais-je trop obnubilée par ma propre petite personne pour m’en rendre compte. Inexplicablement, je repensai alors à Finlenn qui avait toujours eu une sorte de béguin pour elle. Je ne l’enviais pas. Je n’étais pas vraiment certaine de ce que j’avançais, mais il avait toujours un regard pour elle. Revenant au couple qui se trouvait devant moi, je me sentis gênée de les avoir surpris.

— Vous savez, commençai-je maladroitement, il y a des endroits plus discrets pour vous bécoter.

— Cerise, ce n’est pas ce que tu crois, commença Liamarë en s’approchant de moi.

Elle avait le visage rouge et les yeux brillants. Je comprenais bien pourquoi elle tentait de se justifier, mais… J’avais envie de la taquiner un peu.

— Tout à fait entre nous, Liamarë, répondis-je précipitamment, tu aurais pu choisir quelqu’un d’autre que cette espèce de Blanche Neige coincée des fesses !

Observant Dagnir d’un œil, je le vis blêmir sous l’insulte.

— Je vous demande pardon ?! s’insurgea mon si dévoué professeur de langue. Apparemment, il semblait plutôt bien s’y connaître en enseignements linguistiques, me dis-je à moi-même.

— Oh, ça va, Dagnir, grimaçai-je en une moue que je voulais théâtrale. Vous faites celui qui est offusqué, mais en fait, vous cachez bien votre jeu.

J’enfonçai mes poings dans mes hanches en un geste de défi. Je faillis mentionner son agilité en langues, mais par égard pour mon amie, je m’en abstins.

Liamarë secoua la tête atterrée par mon attitude.

— Tu sembles avoir repris tes esprits, Cerise, me gourmanda-t-elle. Ceci dit, ce qui se passe entre maître Dagnir et moi est… personnel et ne te regarde pas.

Je reculai d’un pas tout en la dévisageant d’un air faussement choqué. Je savais que c’était bas, vil même, mais j’avais envie de me venger de la manière dont elle m’avait traitée il y a peu.

— Ben voyons, grognai-je, et toi tu te permets bien d’interférer dans ma vie !

Sur ces mots, je les plantai tous les deux là sans un regard en arrière. Je n’avais pas envie de me disputer avec elle maintenant, surtout après ce que je venais de vivre. J’entendis Liamarë m’appeler plusieurs fois, mais je ne lui répondis pas. Je repensais déjà à ce que j’avais fait avec Thranduil et mes joues se mirent à chauffer comme jamais. J’avais même l’impression que j’allais exploser sous le coup de l’émotion. Mon cœur battait la chamade et, prise de vertiges, je voulus me soutenir contre un des piliers qui se trouvaient non loin de moi, mais je le manquai de peu. J‘aurais chuté par terre si quelqu’un ne m’avait pas retenue à temps. Avisant le vide immense à mes pieds, je rectifiai aussitôt, je ne me serais plus jamais relevée. J’imaginais déjà les réflexions des gens de la maisonnée du Roi :

« Oh de la confiture de Cerise étalée sur l’étage inférieur. C’est d’un mauvais goût ! »

— Allez-vous bien, Ma Dame ? me demanda une belle voix masculine que je n’avais jamais entendue auparavant.

Pourquoi ces elfes avaient-ils tous une aussi belle voix ? Reprenant mon souffle, je me retournai pour découvrir mon sauveur. Ce n’était pas un soldat, il n’en avait pas du tout l’allure. Il ne portait pas d’armure non plus, seulement de riches vêtements ornés de joyaux et de fils d’or. Ses cheveux mi-longs étaient retenus en arrière par une coiffure élaborée et il portait un diadème sur le front. Ce qui retint vraiment mon attention fut la couleur de ses cheveux et de ses yeux. Je n’en avais jamais vu de pareils. Ses cheveux oscillaient entre le rouge très sombre et le brun, quant à ses yeux, ils étaient du même vert que les feuilles du printemps. Il était immensément beau.

— Qui… qui êtes-vous ? bredouillai-je, ébahie par la prestance qui se dégageait de cet elfe à l’allure incroyable.

Tout comme ses autres congénères, son visage sans âge aurait pu être tiré d’une retouche Photoshop. Il était la perfection incarnée. Sincèrement, ces elfes commençaient à m’agacer d’être aussi parfaitement parfait. Cela devenait même fatigant, à force !

— Je m’appelle Aldahir, gente dame, me répondit-il avec une certaine fierté dans la voix. Et vous êtes ? me demanda-t-il poliment en retour, tout en me jaugeant de manière hautaine.

Je n’aimais pas cela. Mais alors, pas du tout.

— Je crois que je vais avoir une indigestion, soufflai-je dépitée.

— Je vous prie de m’excuser Ma Dame, mais je ne comprends pas ? dit-il, surpris.

— Non rien…, marmonnai-je. Je suis Cerise.

L’elfe se redressa et son visage jovial se transforma tout à fait. Son sourire laissa place à une fine ligne pincée. Il semblait en colère et la raison m’échappait.

— Quoi encore ? grognai-je agacée. Qu’est-ce que j’ai encore dit qu’il ne fallait pas ?!

— Vous vous moquez de moi, étrangère, et je déteste que l’on se moque de moi ainsi.

Je le fixai, interdite.

— Mais qu’est-ce que vous me chantez ? Je ne me moque pas de vous ! m’offusquai-je à mon tour.

— Je refuse de croire que vous portez le nom d’un vulgaire fruit ! J’espère pour votre vie que vous n’êtes pas une de ces maudites prêtresses païennes qui vouent un culte à Yavannah ! Vous êtes une offense à la Terre du Milieu !

— Que… Quoi ?!

Nous nous mesurâmes du regard un instant.

Il ne me croyait pas et en plus il osait me juger… Sentant ma colère poindre à l’horizon, je ne pus empêcher ce qui suivit.

— Vous savez quoi pauvre abruti ?!

 Je le vis changer de couleur lorsque je m’avançai dangereusement vers lui.

— J’en ai vu des imbéciles, mais vous … Vous battez tous les records !

— Comment osez-vous ?! cria-t-il – et je fermai les yeux quand je vis son poing se lever vers moi.

— IL SUFFIT ! rugit la voix du Roi des elfes.

Relevant mes paupières, je vis Thranduil s’avancer vers nous au pas de course, l’air plus furieux que jamais. Il toisait méchamment l’espèce d’idiot qui avait voulu régler notre différend par la force. Je n’arrivais pas à croire qu’un elfe puisse être aussi… Mauvais. J’espérais secrètement que le Roi l’embroche avec l’épée qui lui ceinturait la taille. Depuis quand portait-il cette épée ? Je ne l’avais pas vu tout à l’heure quand… Ne pas repenser à cela sinon j’allais me remettre à rougir et ce n’était pas le moment.

— Mon oncle, commença l’elfe – attendez trois secondes, il a bien dit « mon oncle » ? – cette misérable humaine m’a manqué de respect. Elle mérite une correction.

Ce fut plus fort que moi, je me mis à rire. Mais quel crétin, celui-là !

— Qu’est-ce qui vous fait rire comme cela l’humaine ? me toisa-t-il l’air dégoûté.

Thranduil, quant à lui, ne répliqua rien. Il nous observait, se demandant qui il devait punir en priorité. Allons donc, n’avait-il rien vu ni rien entendu ?

— Ce qui me fait rire, répliquai-je acerbe et totalement furieuse, c’est que vous vous comportez comme un môme de trois ans. Cerise est mon véritable prénom et s’il ne vous plaît pas, vous ferez avec, comme tout le monde.

Et moi la première, mais cela, je n’allais certainement pas lui dire.

— Mon oncle ! couina l’autre d’une voix suraiguë, cette fois-ci, vous avez entendu…

Je faillis éclater de rire devant sa réaction digne d’un enfant trop gâté.

— Cela suffit, Aldahir. Elle te dit la vérité. Dorénavant, j’aimerais que tu évites de rudoyer nos invités, déclara Thranduil d’un ton parfaitement ennuyé.

Son neveu ne se le fit pas dire deux fois. Il posa la main sur son cœur en un geste sec et prit congé de nous sans un regard vers moi. Bon débarras, pensai-je avec mépris.


Thranduil


À peine avais-je quitté Cerise que je dus reprendre mes fonctions de souverain. J’aurais aimé avoir le temps de réfléchir à ce que nous venions de vivre, malheureusement, ma qualité de Monarque ne me laissait guère cette opportunité. Celeborn, Galadriel ainsi que leur escorte n’allaient pas tarder à franchir le pont et j’avais encore moult choses à faire.

Assis à ma place, j’avisai ma cour avec intensité. Les murmures des elfes se faisaient de plus en plus fort. Je savais ce qu’ils pensaient, il était grand temps qu’ils l’apprennent officiellement. Adressant un regard entendu à mon Capitaine, ce dernier réclama le silence.

— Bon nombre d’entre vous, commençai-je, savent ce qui nous a conduits à quitter nos Cavernes pour affronter les dangers de la forêt. Sachez que le mal fut vaincu. Les elfes Sylvains vont dorénavant pouvoir jouir de leur bois sans appréhender le moindre danger !

Suite à cette annonce, je pus sentir cette tension qui ne nous avait jamais quittés s’envoler des épaules de mon peuple. Un large sourire se peignit sur mon visage. Bien que la paix soit enfin dans notre Royaume, il me restait encore beaucoup de travail. Me levant, je rejoignis l’un de mes conseillers. Nous nous entretînmes quelques instants avant que l’un de mes gardes ne m’apprenne qu’une délégation du royaume réunifié de Gondor et d’Arnor m’attendait. Fronçant les sourcils de surprise, je m’y rendis sur-le-champ.

.

.

Me retrouvant seul avec le porte-parole du roi Elessar Telcontar*, ce dernier prit place en face de moi et commença à me donner les dernières nouvelles en date. Mon fils entretenait une relation très étroite avec le roi du Gondor et d’Arnor et ils étaient amis de longue date. Il me représenterait lors du mariage qui unirait le roi avec la fille du Seigneur Elrond. Je ne savais pas si je devais l’en féliciter ou le plaindre. Sa fille épousait un Homme et bien qu’il soit l’un des derniers descendants des Númenóréens, sa vie se terminerait irrévocablement un jour et que deviendrait sa fille ? Secouant la tête, je chassai cet étrange sentiment qui m’étreignit le cœur. Cela ne me regardait pas.

Revenant à ce que m’apprenait le messager, je me pris à penser à mon propre départ. Bientôt, la plupart des elfes quitteraient la Terre du Milieu. Mais pour l’heure, une partie d’entre eux ne désirait pas encore partir, bien au contraire. Il était convenu que ceux qui le désiraient pourraient partir en Ithilien pour y vivre en paix et créer une nouvelle communauté. Le roi du Gondor avait lui-même proposé cette solution. Loin de me plaire de prime abord, Legolas m’avait convaincu que c’était la meilleure des solutions et que, de plus, cela permettrait une fortification de nos rapports avec les hommes du Nord. Mon fils avait toujours su agir avec une très grande diplomatie, bien plus que je ne saurais jamais le faire. L‘idée de cette nouvelle colonie venait de lui et avait été approuvée par le Roi Elessar. Notre entretien se termina par la signature de plusieurs traités.

Quand il fut parti, je me décidai à retourner à mes appartements. Ce soir, les festivités sonnant la fin des heures sombres débuteraient et je me devais d’y assister. J’aurais préféré rester seul avec ma petite humaine plutôt qu’à devoir subir des mondanités que j’avais fuies durant des millénaires. Je préférais des fêtes plus intimes auprès des miens. Ce soir, nous pouvions enfin ouvrir les yeux et nous réjouir de la paix revenue dans nos bois. En attendant, j’étais impatient de retrouver Cerise. Je l’avais laissée seule alors qu’elle devait être pleine de doutes, et pour cause. Je n’arrivais pas moi-même à savoir ce qu’elle représentait à mes yeux.

Tandis que j’avançais vers mes quartiers privés, j’entendis des éclats de voix. Je reconnus sans peine celle de mon insupportable neveu par alliance, Aldahir, et celle plus aiguë de Cerise. Hâtant le pas, je faillis voir rouge quand je découvris qu’il était sur le point de la frapper. Cette attitude était indigne d’un elfe. Mais pour qui se prenait-il ?

— IL SUFFIT ! tonnai-je, furieux.

Qu’avait-elle encore fait ou dit pour le mettre dans un tel état ? Ne pouvait-elle éviter les esclandres avec le premier elfe venu ? Toutefois, en analysant ce que je voyais, il m’apparut que ce n’était pas Cerise la responsable, mais bel et bien ce fat insupportable. Je ne le tolérais que parce qu’il était le fils de la sœur de ma défunte et bien-aimée épouse. Sans cela, je l’aurais fait enfermer pour le restant de sa vie. On ne touchait pas ce qui m’appartenait. Jamais. Sans cérémonie, j’attrapai le bras de Cerise qui, comme à son habitude, ne se laissa pas faire.

— Mais lâchez-moi ! Je n’ai rien fait ! hurla-t-elle telle une furie.

Elle continua à s’égosiller un moment, mais je ne lui répondis pas. Arrivé, j’ouvris la porte et la jetai sans ménagement dans la pièce. Elle feula sous le choc que lui causa mon geste rude. Toujours furieux, je fis claquer la porte avant de pousser le verrou et de me tourner vers elle.

— Comment osez-vous ? cria-t-elle.

Je m’avançai alors vers elle pour la prendre avec rudesse par les bras et la ramenai contre ma poitrine. Sans prévenir, je me jetai sur sa bouche. Ce n’était pas prévu et j’aurais dû avoir honte d’une telle attitude si peu digne d’un elfe, encore moins du Roi des elfes. Ce ne fut pas un baiser tendre, et ce n’est qu’en la sentant abdiquer que je la relâchai, le souffle court.

— Personne ne touche ce qui m’appartient, grognai-je d’un ton menaçant.

Elle voulut dire quelque chose, mais sembla se raviser. Je l’avais très certainement offusquée par ma possessivité. Je me choquai moi-même. Je me rendis près d’une desserte et récupérai un verre que je remplis de vin. J’avais besoin de boire pour me calmer.

Le silence qui s’installa pendant que je reprenais contenance fut néanmoins de courte durée.

— Vous êtes odieux, Thranduil, je n’ai rien fait pour mériter un tel traitement.

Je l’observai, les sourcils froncés. Elle semblait penser que je la prenais pour responsable de ce qui était arrivé quelques minutes plus tôt.

— Je sais que ce n’est pas de votre faute et je vous prie d’excuser la déplorable attitude de mon neveu, Cerise.

Elle écarquilla les yeux. Je venais, encore une fois, de la laisser sans voix. Ce drôle de constat me fit sourire cependant, je n’avais pas envie de parler de mon neveu.

— Comment vous sentez-vous ? lui demandai-je, changeant de conversation à bon escient.

Elle lâcha un soupir.

— Je vais bien, merci.

—Avez-vous encore mal ?

Je n’étais moi-même pas au fait avec ce genre de conversation, mais je tenais vraiment à connaître son état d’esprit… Surtout en vue de ce qui l’attendait ce soir.

Elle se mit à contempler ses pieds. Ma question l’indisposait.

— Cerise ?

— Oui… Enfin non, je n’ai plus mal, juste une simple gêne et… non rien. Et pourquoi me posez-vous ce genre de questions ? Cela ne se fait pas ! bégaya-t-elle l’air gêné.

Elle tenta de dérober son visage à mon regard. Impulsivement, je la retins d’un doigt replié sous son menton.

— Je n’ai pas pour habitude de déflorer d’innocentes jeunes femmes, Cerise. Cependant, au point où nous en sommes, il est tout à fait logique que je m’inquiète pour vous.

J’essayai de la mettre à l’aise.

— Je vais bien, Roi Thranduil, je …

— Thranduil, Cerise, dans l’intimité, je vous donne la permission de m’appeler ainsi.

Elle parut surprise puis je vis un sourire moqueur éclairer son visage.

— Très bien, Thranduil – elle appuya sur mon prénom comme si elle se délectait de sa texture sur sa langue – je ne sais pas à quoi m’attendre, tout va trop vite d’un coup et… En fait non, je ne sais pas. Je suis la reine des idiotes, même Anastasia Steele et Bella Swan paraîtraient plus débrouillardes que moi sur ce coup-là.

Elle se passa la main dans ses cheveux qu’elle ébouriffa rageusement. Son visage prit une teinte cramoisie. C’était intéressant, bien que surprenant. Je la scrutai, confus. Encore une fois, elle partait dans des divagations qu’elle seule pouvait comprendre.

Je pinçai la bouche.

— Pensez-vous pouvoir survivre à une soirée en compagnie de mes congénères, Cerise ? la questionnai-je.

Elle grogna.

— Soit vous me prenez pour une demeurée, soit pour une enfant, me jeta-t-elle, méprisante.

— Vous n’êtes pas bête, Cerise, quoique parfois, je me pose des questions à votre sujet, mais je préfère m’assurer que vous ne commettrez aucun impair devant les nôtres ainsi que nos invités d’honneur – dont je me serais bien passé, mais elle n’avait pas besoin de le savoir.

— Qu’est-ce qu’il y a ce soir, au juste ? me demanda-t-elle, les yeux clignant de curiosité.

— Un bal.

— Un bal ? répondit-elle en pouffant. Mais en quel honneur ?

— En l’honneur que Vertbois soit de nouveau libre de toute entrave maléfique.

— Je vous demande pardon ?! s’exclama-t-elle.

Je soupirai, parfois elle avait du mal à comprendre les choses même les plus élémentaires. Pourtant, elle devait bien savoir que nous n’étions pas partis en balade d’agrément, mes soldats et moi.

— La forteresse maléfique a été vaincue, Cerise, lui rappelai-je agacé. Dol Guldur n’est plus qu’un mauvais souvenir.

— Ah oui ! C’est vrai ! s’écria-t-elle en battant des mains. C’est une bonne nouvelle.

— Ah ! Cerise, soupirai-je une nouvelle fois, en plus du Sindarin, j’aurais dû vous imposer des cours d’histoire.

— Vous m’en voyez navrée, grinça-t-elle – elle semblait en colère maintenant –, mais moi je ne suis pas de chez vous alors bon, votre histoire…

Elle croisa les bras sur sa poitrine la faisant légèrement remonter. Mon regard resta accroché dessus une fraction de seconde, mais ce n’était pas le moment de penser à ce genre de choses. J’avais d’autres priorités.


Cerise


Je voyais bien où les yeux de Thranduil s’étaient attardés, mais je n’en fis pas cas. Ce soir, un bal était donné pour célébrer la grande victoire et la renaissance de Mir… heu de Vertbois. Je me répétais cela depuis une bonne heure au moins.

Bien que fan du Seigneur des Anneaux, ma connaissance de ce monde s’arrêtait à la Trilogie. Le Hobbit, je n’avais vu que les deux premiers films de Peter Jackson, quant au reste… Tolkien m’apparaissait bien trop saoulant pour que j’ose ouvrir un de ses livres. Un comble ! Mais jusqu’à présent, cela ne m’avait jamais porté préjudice. Cela c’était avant que je tombe dans cet univers digne d’un grand délire.

Après m’avoir expliqué en long en large et en travers ce qu’il attendait de moi ce soir, Thranduil, avant de partir, envoya une elfine chercher les affaires qu’il avait choisies à mon intention. Je levai les yeux au ciel. Est-ce qu’un jour cet elfe de malheur allait arrêter de tout contrôler à ma place ? Si Marion, ma meilleure amie, voyait cela, elle deviendrait dingue ! Affirmer qu’elle était ultra-féministe était encore trop peu dire la concernant. Elle adorait décrypter les moindres faits et gestes des hommes. En général, cela les faisait fuir de terreur. Repenser à elle m’attrista. Ce qu’elle pouvait me manquer !

.
.

L’elfine, dont je n’avais pas saisi le prénom, revint quelques minutes plus tard avec tout ce qu’il fallait pour me transformer en princesse « made in Disney ». J’avais une furieuse envie de chanter « Ce rêve bleu… si merveilleux », mais je m’en abstins. Il fallait que je garde des munitions pour étourdir mon assemblée avec mon incroyable génie. Il n’était pas question que je ne m’amuse pas un peu.

L’elfine prit son temps et se mit en œuvre pour me métamorphoser en un ersatz d’elfe, mais cela ne trompait personne et me fit plutôt sourire. Quand elle eut terminé de me préparer, elle partit, me laissant seule. Elle ne m’avait pas adressé une seule fois la parole et je la soupçonnais de ne pas parler le Westron.

Curieuse de savoir à quoi je ressemblais, je m’avançai jusqu’à un miroir. Je vis que ma robe, bien que très jolie, recouvrait tout mon corps. Cela n’allait pas du tout, ça. J’eus une brusque envie de la déchirer aux genoux, mais je me retins à temps. À la cour des nains, j’aurais sans doute fait fureur, mais chez les elfes, je doutais qu’une paire de jambes poilues soit appréciée. En désespoir de cause, je fis glisser les bretelles vaporeuses jusqu’à mes épaules, révélant une partie de la rondeur de mes seins. Je laissai aussi échapper quelques mèches folles de ma coiffure élaborée, puis partis chercher ma trousse à maquillage pour donner de jolies couleurs à mon visage blafard. Dès que j’eus fini, je m’admirai à nouveau devant la glace et pouffai de rire devant l’image que je renvoyais. Je me trouvais plutôt pas mal avec mes joues rosies et ma bouche légèrement rougie grâce à ces quelques artifices. Je donnais l’impression d’avoir batifolé avec un amant imaginaire. J’espérais choquer un peu l’assemblée de ce soir avec ma mise.

On frappa à la porte.

— Oui ?! demandai-je.

— Ma Dame, vous êtes attendue dans la grande salle des festivités, me répondit une voix que je n’identifiai pas.

J’ouvris la porte et me retrouvai face à Galion, l’échanson de Thranduil. C’était rare de l’apercevoir, il était toujours aussi discret que possible. C’était, de fait, assez étrange que ce soit lui qui vienne me chercher. Mais bref, passons, tout paraissait étrange depuis que j’avais atterri ici.

L’elfe ouvrit les yeux comme des soucoupes lorsqu’il vit comment j’étais apprêtée. Doucement, je passai mon bras sous le sien.

— Accompagnez-moi donc, dis-je d’une voix que je voulais sulfureuse.

Bien que gêné, il fit ce que je réclamais de lui et quand nous fûmes arrivés, il me lâcha prestement avant de me fuir comme la peste. J’allais rire de bonne humeur quand ce que je vis devant moi me figea. La salle était noire de monde. Je cherchai Thranduil des yeux, mais ne le vis nulle part. Puis quelqu’un me héla. J’avais déjà entendu cette voix douce et chaleureuse.

— Chère Cerise !

Doucement, je me retournai pour faire face à Celeborn et…

Devant moi se tenait l’incarnation même de la beauté, mais celle avec un grand B. Elle était tellement lumineuse et semblait si irréelle. Mes yeux, peu habitués à ce genre de vision, se mirent à larmoyer doucement. Mais qui était cette vision enchanteresse ? J’en avais le souffle coupé et pourtant, bien que ses yeux semblaient aussi souriants que ceux de celui qui l’accompagnait, quelque chose en elle me mit fortement mal à l’aise. J’avais l’impression qu’elle essayait de me disséquer, mais que… cela ne marchait pas comme elle le voulait. Sa bouche était pincée en une fine ligne qui lui donnait un air dur, en pur contraste avec son regard bienveillant.

Se pouvait-il que…

C’est alors que je vis Thranduil arriver vers nous. Son sourire se figea quand il vit comment je m’étais déguisée. Cependant, il avança vers moi comme si de rien n’était.

— Je vois que vous avez déjà fait la connaissance de Dame Galadriel, Cerise.

Cette fois, mes yeux s’écarquillèrent de surprise. Cette incroyable beauté était LA Galadriel, la VRAIE ?

— Oh mon Gieu, soufflai-je en la regardant dans les yeux, rouge comme une pivoine…vous…vous êtes vraiment la VRAIE Dame Galadriel, bégayai-je. La seule et l’unique ?


Tamril


Quelque chose se préparait. Je sentais un changement survenir et cette sensation s’intensifia au rythme que le jour avançait. Nous avions passé une partie de l‘après-midi aux alentours des bois, préparant la sortie des elfes de Mirkwood. Finlenn m’avait dit que le Roi envisageait de quitter les cavernes quelque temps après la grande cérémonie qui aurait lieu ce soir et qui sonnerait le glas des heures sombres.

Trop occupé à guider les soldats sous ma charge, je n’avais guère eu le temps de penser à ma douce Cerise. En revenant en fin de journée, je pris une pause bien méritée et me rendis dans les cuisines royales pour quémander un bout de tarte auprès de Linwë. Ce dernier était en pleine conversation avec l’un des conseillers du Roi.

— Je te dis que c’est inimaginable ! s’offusqua ce dernier auprès de Linwë qui supervisait le festin de ce soir.

— Qu’est-ce qui est inimaginable, Annaël ? demandai-je curieux tout en m’approchant deux.

— Notre cher Annaël ne supporte plus la présence de Cerise parmi nous, déclara Linwë en décochant un regard exaspéré sur le conseiller qui fit une longue moue dégoûtée au nom de ma bien-aimée.

Je dus prendre sur moi pour ne pas l’empoigner.

— Vous avez le droit de ne pas l’aimer, s’insurgea Linwë en se tournant vers lui, un long couteau à la lame aiguisé dans la main, mais je vous interdis de lui prêter préjudice !

Annaël secoua la tête encore plus écœurée.

— Que vous a-t-elle donc fait pour que vous lui témoigniez autant de sympathie ? maugréa-t-il en reculant. Elle n’a rien d’une enchanteresse. Une sorcière à la rigueur…

— Si le Roi l’accepte comme une invitée de marque, vous devez faire de même ! déclara Linwë en abattant sa lame sur le morceau de viande qu’il coupa en deux d’un seul coup.

Haussant un sourcil, je convins que le cuisinier en chef de notre Roi ferait un excellent garde. Observant Annaël, je le vis nous jeter un regard haineux avant de partir.

— Tamril, dit Linwë. Je serais toi, je surveillerais de près ce maudit conseiller. Je crains qu’il ne cherche à mettre en péril la position de notre chère Cerise. Je l’aime bien moi, cette petite humaine, et cela me chagrinerait qu’il lui arrive malheur à cause d’un benêt tel que lui.

— Il est désespérant de se dire qu’il a l’entière confiance du Roi, marmonnai-je.

Linwë avait raison. Cerise avait un nouvel ennemi en plus de cette idiote de Maeiell. Il n’était pas question qu’il lui arrive quoi que ce soit. C’est pourquoi je redoublerais de vigilance.

À suivre


Annotations

* Pour cette relecture, je pensais revoir la première fois de Cerise et finalement, j’aime beaucoup le ton donné. Comme je l’avais expliqué à la première publication, je ne voulais pas écrire quelque chose de trop guimauve et là aussi ; il y avait une certaine volonté de montrer que non, la première fois, ce n’est pas forcément l’extase comme les romances nous le montre la plupart du temps, c’est sans doute beau, elle en a envie, mais… la réalité la rattrape et l’acte en lui-même, elle n’en garde pas un super souvenir. J’avais peur, en relisant ce chapitre que cela passe moins bien et finalement, je suis assez satisfaite du rendu général.

* Elessar Telcontar : une fois Aragorn couronné, il changea de nom comme tous ses ancêtres et pris celui de Elessar Telcontar, roi du Gondor et d’Anor comme le veut la tradition.

* Ici, j’ai tenu à rester dans le canon chronologique de l’histoire de base avec l’éradication de Dol Guldur au début du 4e âge, faisant suite et fin à la guerre de l’anneau et l’anéantissement de Sauron.

A propos Annalia 85 Articles
Jeune quarantenaire ayant trois enfants. J’aime écrire sur les univers que j'affectionne et les tordre à ma convenance dans différentes fanfictions ou dans des histoires originales

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