1. La mégère apprivoisée

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La mégère apprivoisée

Thror, le roi des nains sous la montagne, regarda son or puis le dragon. Alors il sut que tout était perdu pour lui. Mais un jour, il reviendrait. Il reviendrait et reprendrait ce qui lui appartenait de plein droit.


Bilbo Baggins, hobbit de son état, en avait encore le tournis ! Cette évasion avait été tout sauf reposante. Après les Elfes et les Wargs, c’étaient les Orques qui avaient débarqué, créant certes une belle diversion pour eux, mais ils avaient été tout de même près d’y passer tous autant qu’ils étaient. À bout de souffle après toutes ces péripéties, il s’octroya le droit d’un court repos sur l’herbe en compagnie des autres nains. Pourtant quelque chose n’allait pas. Depuis tout à l’heure, Thorïn et Balïn n’arrêtaient pas de tourner la tête en direction de l’ouest.

— Nous sommes suivis, avança Balïn.

— Je le crois aussi, grogna Thorïn. Qui que vous soyez ! hurla-t-il aux broussailles devant lui, il est grand temps de vous montrer !

Bilbo, ainsi que chaque nain présent retinrent tous leur souffle dans l’attente de savoir ce qui allait sortir de derrière les buissons. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir une jeune créature pas plus grande que leur chef, aux longs cheveux aussi rouges qu’un soleil couchant, s’avancer vers eux, le pied alerte et le visage mutin. Kili et Fili s’adressèrent un regard de connivence. Quant aux autres, ils fixèrent leur chef, attendant le verdict de leur prince.

— Ainsi vous avez eu le toupet de nous suivre jusqu’ici, jeta froidement Thorïn.

Il était bien décidé à ne rien laisser passer et surtout à la faire déguerpir le plus vite possible. Ils avaient une mission à mener.

— Ainsi, c’est tout ce que vous trouvez à me dire ? avança effrontément l’inconnue. J’aurais préféré « comment avez-vous fait, belle créature, pour échapper à une bande d’orques sauvages et d’elfes en colères ? »

Elle arqua un sourcil, pleine d’ironie et de malice. La jeune femme sentait bien que son ton léger et plein de défi provoquerait inéluctablement la colère de son interlocuteur. Ce nain arrogant avait besoin d’une bonne leçon. Néanmoins, peut-être ne devrait-elle pas trop l’agacer si elle voulait s’inclure dans leur petit groupe de maraudeurs en vadrouille.

— Oh, pardon, ne vous mettez pas en colère contre moi, messire le peut-être futur roi des nains…

Quelques toux bien senties se firent entendre et c’est le plus hargneux des nains, Dwalïn, qui lui répondit :

— Comment oses-tu, insignifiante petite créature, te moquer ainsi de notre chef ? Thorïn est amené à gouverner sous la montagne une fois que…

— Cela suffit, Dwalïn ! coupa Thorïn en levant majestueusement sa main en l’air. En plus d’être laide, elle semble aussi peu encline à l’intelligence.

Aria dut prendre sur elle pour ne pas se précipiter sur l’arrogant petit prétentieux pour lui faire ravaler sa langue. Elle eut également des difficultés à contenir sa colère. C’était pourtant un mal nécessaire. Il va vraiment falloir que tu t’abstiennes de lui chercher des noises, sinon tu vas finir par te faire découvrir ma fille, se morigéna-t-elle intérieurement.

— J’ai compris, rétorqua-t-elle plus humblement. Je vous ai suivis en retrait grâce à un sort de dissimulation qui aurait parfaitement fonctionné sans votre perspicacité.

— Un sort de dissimulation, répéta Balïn, impressionné. Êtes-vous sorcière ou bien magicienne ?

Voilà une excuse toute trouvée, pensa-t-elle. Elle n’y avait pas songé et après tout pourquoi pas ? Ceux de sa race avaient effectivement certains pouvoirs et…

— Je ne vois pas de bâton à votre main, et il me semblait qu’il n’existait que des magiciens, pas de magiciennes, argua froidement Thorïn, toujours méfiant. Quoi qu’il en soit, je vous interdis de nous suivre. Vous êtes libre, passez votre chemin. Nous n’avons que faire d’une mégère à nos côtés.

Sur ces mots, le nain lui tourna le dos et, d’un geste, il fit comprendre au reste de sa troupe qu’il était temps d’avancer.

Aria devait vite trouver une solution pour se faire accepter parmi eux.

— Attendez ! cria-t-elle. C’est vrai, je ne suis pas une vraie magicienne comme ceux de votre peuple l’entendent, mais j’ai des pouvoirs… De ceux qui vous seraient fort utiles !

Elle avait mis dans sa supplique toute l’assurance dont elle était capable, car à dire vrai, elle commençait à penser qu’en se débarrassant d’eux, elle gagnerait du temps et pourrait avancer un peu plus vite. Cela dit, son acte ne passerait pas inaperçu et risquerait de la faire repérer, or ce n’était pas le moment pour cela. Elle devait trouver un moyen rapide de les accompagner dans leur quête jusqu’à Erebor. À tout prix. Fermant les yeux, elle empoigna ses jupons et courut pour faire barrage avec son corps, en levant les mains devant elle, face à Thorïn qui fut à deux doigts de l’étrangler.

— Poussez-vous immédiatement ! rugit-il, furieux qu’une simple humaine osât le défier ainsi.

— Non, je vous en prie, écoutez-moi, je peux vous être utile de bien des manières, répliqua-t-elle.

Aria avait le souffle court, bataillant entre son devoir et l’envie qu’elle avait de tuer cet horripilant nain. Au moins, elle aurait réglé son problème immédiat. Tous deux se regardèrent en chiens de faïence, chacun cherchant comment se débarrasser de l’autre. Ce furent Kili et Fili, les deux neveux de Thorïn, qui trouvèrent une solution.

— Pardonnez-moi, mon oncle, mais peut-être que cette créat… jeune femme, se reprit-il, sait faire la cuisine ?

— Kili a raison, appuya Fili, cela nous enlèverait une sacrée épine du pied si on pouvait avoir des repas un peu plus élaborés que ceux de Bombur. Non que les tiens ne soient pas bons, rétorqua-t-il vivement à l’intention du plus gros nain du groupe.

Ce dernier ne broncha pas, se contentant de se masser le ventre, pensant déjà à sa prochaine pitance.

Aria était sidérée. Elle leur proposait de monnayer ses pouvoirs, si maigres soient-ils, et ils pensaient à la cuisine ? Avait-elle une tête de cuisinière ? Elle faillit voir rouge pour de bon, mais s’abstint du moindre commentaire à la vue de la mine songeuse de Thorïn. Le nain semblait peser le pour et le contre.

— Très bien, elle nous accompagne, mais au moindre retard ou au plus petit problème dont elle serait responsable, elle s’en va, décida-t-il.

En son for intérieur, Thorïn n’avait que faire d’un membre de plus, mais il n’avait pas le cœur à laisser cette fille seule ainsi sur les routes. Si jamais il le pouvait, et à la moindre occasion, il se débarrasserait d’elle dans de meilleures conditions.

Kili et Fili, quant à eux semblaient ravis de la décision de leur oncle bien aimé. Les deux jeunes gens se tournèrent de concert vers la petite humaine en lui adressant un grand sourire qu’elle leur rendit avec une nouvelle idée en tête. Ces deux-là étaient plutôt mignons pour des nains et biens plus sympathiques que leur oncle. Si elle arrivait à se faire apprécier d’eux, alors peut-être que… Elle fut tirée de ses réflexions par le hobbit qui lui fit comprendre qu’il était temps de se remettre en route. Ce n’était ni le moment ni l’endroit pour traîner.

oO§Oo

— Dites-moi, cher hobbit…, commença-t-elle en s’arrêtant, cherchant son prénom…

— Bilbo, répondit-il, voyant qu’elle cherchait à savoir comment il s’appelait. On m’appelle Bilbo Baggins et je viens de la Comté.

— Eh bien, enchantée, monsieur Bilbo Baggins de la Comté, moi c’est Aria, dit-elle en lui tendant la main qu’il serra de bon cœur. Je suis bien contente de vous avoir trouvés sur ma route vous tous ! cria-t-elle un peu fortement pour que tous les nains, surtout l’un d’entre eux, l’entendent.

La route promettait d’être longue, pensa furieusement Thorïn. Cette femelle semblait vouloir attirer l’attention sur elle et ses pensées avec, alors que celles-ci étaient tournées vers son seul souhait : sa montagne et ce qu’il y avait dedans. Aria, quel drôle de prénom. Il semblait venir d’ailleurs. Ce n’était ni un nom humain ni un nom d’elfe, quoiqu’elle n’eût ni la taille ridiculement grande ni les vilaines oreilles en pointe caractéristiques de cette race.

Pendant ce temps, Fili et Kili ne pouvaient s’empêcher de regarder cette étrange personne qui discutait joyeusement avec leur maître cambrioleur. Hormis leur mère et quelques naines, ils n’avaient jamais vu de femme. Celle-là était dotée de formes plutôt épanouies et aurait été franchement belle si elle avait eu un peu de barbe sur le visage. Fili tenta de l’imaginer avec une sublime tresse sur le menton et approuva ce qu’il voyait. Une tape sur la tête le fit redescendre sur terre. C’était Kili.

— Je sais à quoi tu penses, mais n’essaie même pas.

— N’importe quoi, de toute façon, elle n’est pas de notre peuple et il lui manque un attribut important.

— Sans oublier que notre oncle n’a pas l’air de la porter en très grande estime, soupira Fili.

Il trouvait cela dommage d’ailleurs. Hormis son but, Thorïn semblait imperméable à tout le reste, y compris la gentillesse.

Le reste de la journée de marche se passa de façon très calme, Thorïn avançant devant, tel un roi majestueux avec sa petite troupe qui le suivait derrière, fermée par les deux frères. Ils reluquaient en silence la jeune femme qui avançait doucement aux côtés du hobbit.

oO§Oo

La nuit tomba rapidement et bien vite, le groupe dressa son camp dans un endroit qu’ils jugèrent sûr et tranquille. Sans se faire prier, Aria entama les préparatifs du dîner à venir. Bombur, le plus énorme de leur petite tribu, la regardait faire, la bave aux lèvres. Pour une fois qu’il n’avait pas à préparer lui même leur pitance… L’idée ne le dérangeait guère, il était plutôt curieux de voir ce que la fille allait leur faire de beau à manger. Sur ordre de Balïn et Gloïn, la jeune femme s’était mise en quête de leur préparer un repas digne de ce nom. Elle savait qu’elle n’avait pas intérêt à rater son coup sous peine de se faire jeter sans état d’âme par le butor qui leur servait de leader. Un peu plus tôt, Fili et Kili, lui avait rapporté assez de gibier à préparer pour nourrir une meute entière de dragonnets. Elle savait qu’elle était douée pour la cuisine. Elle était impatiente de rabattre le caquet de monsieur « Sa Seigneurie ».

— Alors ? demanda-t-elle innocemment, tandis que les nains se goinfraient sans préambule, ni un regard pour leur cuisinière.

— C’est très bon mademoiselle Aria, répondit doucement Bilbo. Vous êtes très douée, assura-t-il, devant sa moue déconfite face aux ogres, pardon, aux nains qui continuaient à manger comme si leur vie en dépendait.

Cela lui coupa l’appétit. Elle qui était plutôt une bonne mangeuse d’habitude fut un peu triste de constater le manque de courtoisie de ses nouveaux compagnons, hormis le hobbit, bien sûr. Toutefois, Fili sembla se souvenir de son existence, car il s’assit à ses côtés avec une bonne ration du ragout qu’elle avait mijoté une heure plus tôt pour eux.

— Tenez, jeune damoiselle. Vous devriez vous sustenter, vous aussi, la route de demain sera longue et vous risquez de ne pas supporter le voyage sinon.

— Merci, dit Aria en plissant les yeux.

En temps normal, elle aurait remis vertement l’impudent à sa place, mais elle se fit violence et c’est un avec un sourire qu’elle voulait sincère qu’elle récupéra finalement son bol dans les mains du jeune nain.

Fili était moins « beau » que son frère, mais elle aima immédiatement l’aura de pure bienveillance et de bonté qui émanait de lui. Elle se sentait bien en sa présence. Un bon point pour lui. Kili, quant à lui, semblait ailleurs. Alors qu’elle terminait sa ration, elle s’aperçut que Thorïn l’observait du coin de l’œil, et cela la mit mal à l’aise. Ses yeux d’un bleu aussi tranchant que l’acier des dieux semblaient voir au-delà des apparences. Qui plus est, il éveillait en elle un véritable sentiment de malaise. Elle avait peur, cela ne lui était jamais arrivé et pire que tout, elle l’en détesta encore plus, car elle savait d’où provenait cette peur purement féminine. Une faiblesse.

Bilbo comprenant que l’atmosphère s’alourdissait de minute en minute décida de rompre le silence en premier.

— Alors mademoiselle Aria, d’où venez-vous exactement ?

Thorïn ne l’avait pas quittée des yeux tandis que le hobbit formulait sa question. Il avait sorti sa pipe et s’amusait à faire d’énormes ronds de fumée avec après l’avoir allumée.

— C’est vrai cela, souffla-t-il d’une voix profonde et grave. Vous étiez prisonnière des elfes, c’est que vous aviez sans doute une quelconque importance à leurs yeux.

— Peut-être pourriez-vous nous éclairer, surenchérit Oïn qui s’était rapproché d’eux.

Quittant comme à regret le regard glacé de Thorïn, plus pesant que jamais, Aria baissa les yeux vers son bol qu’elle tourna lentement pour trouver quelque chose de convaincant à dire. Depuis sa naissance, elle n’avait jamais été à sa place nulle part. Les femmes de son peuple se transformaient à la puberté, abandonnant pendant plusieurs jours leur apparence humaine pour revêtir celle de leur aura magique. Les Drakonnites étaient censées être grandes et aussi majestueuses que les elfes, tandis qu’elle était petite et aussi gracieuse qu’une naine. On l’avait souvent moquée à ce sujet. Bien sûr, l’eau avait coulé sous les ponts depuis, mais certaines blessures ne guérissaient jamais vraiment… Revenant au présent, elle se força néanmoins à répondre.

— Je suis une simple femme, une humaine qui a quelques pouvoirs bien utiles, souffla-t-elle doucement.

Elle releva les yeux et rencontra le regard méprisant de Thorïn. Se doutait-il qu’elle ne disait pas tout et qu’elle était bien loin de la vérité ?

— Vraiment, jeta-t-il sur un ton méfiant. Vous m’aviez l’air bien plus sûre de vous dans les geôles de ces traîtres d’Elfes. Vous êtes étrange, Aria, simple femme. Étrange et encombrante. Il tira fortement sur sa pipe avant de souffler de nouvelles volutes de fumée blanche. La jeune femme était comme hypnotisée par la force presque magnétique et animale qui se dégageait de lui. Encore une fois, ce triste constat la glaça. Ah ! Si seulement elle pouvait lui montrer une infime partie de ses pouvoirs, il ferait moins le malin. En attendant, elle devait lui faire oublier la « prestance » de leur rencontre dans les cachots elfiques, quitte à se faire passer pour une pauvre fille sans défense… ou presque, car le salaud serait capable de la jeter hors de sa compagnie si elle se montrait comme un fardeau. Reprenant constance, elle reprit, évitant sa pique.

— Je suis une humaine, si cela vous plaît de le savoir… ou pas, je m’en fiche, lui jeta-t-elle au visage le regardant elle aussi, droit dans les yeux et sans ciller. Je ne sais pas pourquoi les Elfes m’ont capturée, cela dit, je leur dois une fière chandelle, car les araignées sont coriaces dans cette forêt. Je me rendais vers les terres sauvages en direction de la Montagne Solitaire. Il y a un petit bourg que l’on appelle Lacville ou Bourg du Lac, cela dépend des régions. Je me rends là-bas, c’est très important pour moi.

Demi-vérité ou demi-mensonge certes, mais elle espérait que ces maigres informations passeraient.

Thorïn arqua un sourcil sans cesser de la dévisager. Elle commençait à se sentir encore plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Ce Prince, ce futur roi était assez intimidant pour un nain, et bien plus grand que la moyenne aussi.

— Heureusement que la providence vous a mise sur notre chemin alors, termina Kili qui la dévisageait avec un grand sourire qui ne laissait rien présager de bon surtout quand son frère soupira bruyamment derrière lui.

Après avoir terminé leur repas, les nains s’occupèrent du couchage et, pensant que personne ne la regardait faire, Aria se servit de sa magie pour nettoyer et ranger les bols. Elle n’aimait pas la saleté.

—Impressionnant, fit une voix grave qu’elle reconnut tout de suite au frisson qu’elle lui causa. Ainsi vous savez vraiment faire de la magie sans bâton, continua Thorïn.

Prise de court, Aria en resta sans voix. Que pouvait-elle lui répondre ? Devait-elle seulement lui dire quoi que ce soit ? Secouant la tête, elle lui tourna le dos et fit quelques pas pour s’éloigner de lui. Il la rattrapa néanmoins et lui prit le bras sans ménagement.

— Votre insolence à mon égard commence à m’agacer prodigieusement, lui souffla-t-il durement au visage. Soit vous entrez dans les rangs, soit vous dégagez. Vous ne manquerez à personne.

— Même pas ma cuisine ? répondit-elle espiègle, tentant de désamorcer la colère du nain.

— Nous avions Bombur pour cela, ainsi que le Hobbit d’ailleurs, nous ne vous avons pas attendue et nous ne sommes pas morts de faim non plus.

— C’est vrai, Thorïn, je vous prie de bien vouloir m’excuser, mais je vous avoue que ces derniers jours ont été assez pénibles pour moi. Je sais bien que vous avez une importante mission à accomplir, mais nos chemins allant dans la même direction pour un temps, je vous promets de faire le nécessaire pour être plus plaisante à vos yeux.

Drakos tout puissant, elle avait réussi à dire cela sans trébucher sur les mots, comme si elle-même y croyait. Bien sûr qu’elle allait dans la même direction qu’eux. Elle allait même précisément au même endroit qu’eux. Thorïn la tuerait sur le champ s’il savait ce qu’elle allait y faire. Étrangement, cette idée lui déplut au-delà de la simple perspective de mourir. Elle ne connaissait pas ce nain depuis plus d’une journée et elle se sentait perdre tous ses moyens face à lui. Ce n’était qu’un vulgaire nain. Ni un elfe et encore moins un homme de sa race. Un nain, bon sang de bois !

— Allez dormir, Aria, finit-il par lui dire, demain nous devons reprendre la route pour Erebor.

Sans un regard vers elle, il s’éloigna du campement.

Plaquant un sourire sur son visage, elle retourna auprès de Fili qui lui avait préparé une couche de fortune. Brave Fili, elle pouvait apparemment compter sur lui.

Thorïn n’était pas parti très loin. Il voulait juste un peu de calme. Depuis leur évasion des geôles dans les grottes de Mirkwood, il était plus déterminé que jamais à retourner chez lui et à reprendre possession de l’Arkenstone. Ce n’était pas un elfe et encore moins une simple petite humaine qui allait l’arrêter. Cette Aria l’intriguait. Une humaine assez petite qui aurait pu passer pour naine si elle avait eu une barbe et une corpulence un peu plus râblée. Il fronça les sourcils. Il n’aimait pas vers où ses pensées l’emmenaient. Il n’y avait pas de place pour les femmes dans son esprit. Pas pour le moment, et sans doute jamais. Il était bien conscient que pour assurer sa lignée, un ou deux rejetons auraient été pour le mieux, mais il avait ses neveux et cela lui suffisait. Il revit sa longue chevelure, ses seins plantureux, ses lèvres pleines et il la détesta encore plus de l’emmener vers ces chemins de traverse. Il n’aurait jamais dû accepter qu’elle les accompagne. En revenant à leur campement, son humeur s’assombrit face au désolant spectacle qui l’y attendait. Cette petite peste dormait entre Fili et Kili. Balïn qui avait vu le prince revenir lui lança doucement :

— Ils voulaient la protéger, au cas où.

— Elle n’aurait jamais dû venir avec nous, répondit sombrement Thorïn, avant de se mettre dans un coin pour tenter de trouver le sommeil à son tour.

Non, elle n’aurait jamais dû. C’est sur cette dernière pensée qu’il s’endormit.

oO§Oo

La compagnie des nains n’était plus qu’à quelques jours du dénouement de leur quête. Thorïn, récupèrerait-il son royaume et le trésor qui allait avec ? Pourquoi la belle Aria tenait-elle tant que cela à les accompagner ? Que cachait-elle exactement et quelles en seraient les répercussions sur Thorïn et les nains ?

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A propos Annalia 85 Articles
Jeune quarantenaire ayant trois enfants. J’aime écrire sur les univers que j'affectionne et les tordre à ma convenance dans différentes fanfictions ou dans des histoires originales

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