9. Raison et Sentiments

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Raison et Sentiments


Cerise


Je m’ennuyais… mais qu’est-ce que je m’ennuyais ! Il n’y avait pas de mot assez fort pour dire à quel point je me faisais grave c…

— Cerise ! cria Dagnir, furieux contre moi. Vous pourriez faire l’effort de suivre.

Je soupirai lourdement en entendant cet elfe me réprimander comme si j’avais cinq ans. Il avait fallu que le Roi Thranduil, sous les recommandations de Liamarë, me force à apprendre leur maudite langue. Cela faisait maintenant plus d’une semaine que j’avais commencé à étudier le Sindarin ; le langage des elfes sylvestres de ce bled totalement paumé en Terre du Milieu qu’était Mirkwood. S’il y avait une chose que je pouvais dire à ce sujet, c’est que je n’étais franchement pas douée pour les langues et surtout pas pour celle-ci. Je vous assure qu’il y avait de quoi devenir chèvre ! Quand j’avais vu à quoi ressemblait leur écriture, j’avais eu des vapeurs d’anxiété. À cela, vous pouviez ajouter leur façon imprononçable d’énoncer les mots et voilà… J’en avais la nausée de devoir répéter inlassablement la même chose. Mais dans quelle galère je m’étais encore fourrée ? Je levai la tête d’un air piteux et croisai le regard peu amène de celui que l’on avait désigné pour être mon professeur attitré. Franchement, je ne savais pas lequel de nous deux était le plus à plaindre. C’est vrai ça, il n’avait rien demandé et tout comme moi, on voyait bien qu’il n’était pas très content d’être là. En soupirant, il reposa brutalement le parchemin qu’il avait à la main et s’avança vers la table qui me faisait office de bureau.

— Écoutez-moi bien, commença-t-il d’un ton qui se voulait le plus pédagogique possible, mais je me demandais vraiment s’il savait ce que cela signifiait. Ce n’est pas en rêvassant que vous allez apprendre notre si belle langue. Le Sindarin requiert toute votre attention ainsi que toutes vos émotions. C’est une langue qui se vit avec le cœur et l’esprit. Sans cela, vous n’y arriverez jamais !

Et paf, prends ça dans les dents, Cerise. Mais oui, c’est ça, pensai-je pour moi-même. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ! Ces elfes avaient une drôle de conception des choses, ma foi, et une très haute opinion de leur culture. C’était aberrant ! Toutefois, il devait comprendre que cela pouvait être dur pour moi.

— Dagnir, dis-je d’une voix étonnamment calme. Je sais que vous faites beaucoup d’efforts pour ne pas m’envoyer en colle ou me balancer vos parchemins à la figure. Vous faites preuve d’une certaine patience à mon égard et je vous en sais gré, mais tout à fait entre nous, il vaut mieux laisser tomber. Soyons francs, vous et moi, le Sindarin ne m’aime pas et je crois que c’est réciproque. Allons le dire au Roi et n’en parlons plus.

— Vous n’êtes qu’une agaçante idiote, grinça-t-il. Le roi m’a ordonné de vous apprendre notre magnifique langue, quoiqu’il m’en coûte. Vous l’apprendrez, dussé-je vous la fourrer dans le crâne à coup de marteau s’il le faut !

Je dus reculer devant tant férocité. Il était impressionnant quand il s’énervait le petit Dagnir.

— Eh bien ! m’exclamai-je à demi surprise. Vous savez parler aux femmes, vous, il n’y a pas à dire.

Alors qu’il allait rétorquer quelque chose, comme pour avoir le dernier mot – C’en était presque devenu un jeu entre nous, et je le soupçonnais d’y avoir pris goût – la porte s’ouvrit sur cette traîtresse de Liamarë.

— Sauvée par le gong ! m’écriai-je en lançant mes poings en l’air en signe de victoire, ce qui me valut le regard perplexe de mon amie et la mine défaite de mon si dévoué professeur.

J’avoue, j’avais parfois un comportement des plus immatures, mais j’aimais choquer les gens.

— Excusez-moi de déranger votre cours, Maître Dagnir, déclara Liamarë en me jetant un coup d’œil consterné. Il se fait tard et j’ai besoin de Cerise pour quelques travaux.

— Oh, très bien, répondit l’elfe d’un ton guindé.

Je faillis éclater de rire bien malgré moi. Il n’avait pas un, mais dix balais coincés très loin dans les recoins sombres et inexplorés de son elfique personne. Et franchement, je n’avais aucune envie d’être celle qui irait explorer sa faune intime. Brrr, rien que d’y penser, mandieu quelle horreur ! Je me levai de ma chaise sans demander mon reste avec un bref salut en direction de mon tortionnaire et soupirai de bien-être dès que je fus libérée de cet enfer linguistique. Il n’y était pour rien, mais je ne pouvais m’empêcher de lui en vouloir.

— C’était si difficile que cela ? me demanda Liamarë, amusée par mon manège digne d’une gamine mal élevée.

— Il n’y a pas de mots pour décrire à quel point votre langue est compliquée et assommante ! m’exclamai-je fataliste.

— Cerise ! me réprimanda gentiment l’elfe. Es-tu certaine d’être une adulte responsable dans ton monde ?

— Tout à fait ! dis-je en tirant la langue de la façon la plus puérile qui était et qui contredisait ma réponse.

Nous continuâmes de marcher un moment avant de nous arrêter devant mon ancienne chambre. En repensant aux raisons pour lesquelles je n’y dormais plus, mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Cela faisait un mois que je passais mes nuits dans les appartements privés du Roi. Nous avions conclus une sorte de trêve, lui et moi. Je pensais avoir mal compris, mais il avait l’air bien décidé à ce que nous devenions un peu plus intimes. Je ne comprenais pas pourquoi ni comment nous en étions arrivés à cet arrangement tacite. C’était Liamarë qui m’avait expliqué ce que le Roi attendait de moi. Au départ, je lui avais ri au nez. Elle blaguait forcément et lui essayait de me jouer un vilain tour. Toutefois, quand j’avais appris qu’il ne voyait plus son autre pouffe de Maeiell, et que c’était dorénavant moi qui animait joyeusement ses soirées… Il avait fallu que je me rende à l’évidence : il me faisait la cour dans le but de me mettre dans son lit. C’était dingue, mais après tout, pourquoi pas ? Notre relation avait donc pris un nouveau tournant :

Nous passions nos soirées à discuter et à nous disputer. Bon, c’est vrai, on se chamaillait assez souvent, peut-être un peu trop à mon goût. Tout avait commencé le premier soir, celui où il m’avait surprise en train de danser et chanter dans son salon sur du Madonna. Sur le coup, il m’avait juste sommée d’arrêter de le déranger durant son sommeil et de dormir moi-même, mais ensuite un drôle de rituel s’était instauré entre nous. Pendant l’heure des repas, il était doux, prévenant et terriblement séducteur. J’avoue que cela me faisait souvent perdre contenance parce que je n’avais pas l’habitude de le voir se comporter ainsi. Mais ensuite, venait le moment où il me bombardait de questions sur le monde d’où je venais. Il avait même été curieux de la musique que j’écoutais et avait tout de suite détesté quand je lui avais fait écouter mes morceaux de métal et hard rock préférés, arguant que ce n’était que du bruit barbare digne des Trolls ou bien même des Nains. Bref, avec Thranduil c’était souvent le chaud et le froid et cela me déstabilisait. Dans ces moments-là, j’avais envie de lui balancer à fond dans les oreilles Hot’N Cold de Katy Perry où il était question d’un mec qui ne sait pas ce qu’il veut. Une des rares chansons que j’aimais bien de cette chanteuse, et qui traduisait si bien mon ressenti vis-à-vis de Thranduil.

Revenant au présent, je fronçai les sourcils en voyant Liamarë me ramener une nouvelle robe au tissu vaporeux.

— C’est en quel honneur ? demandai-je, suspicieuse.

Mon Roi préféré avait-il décidé de gravir un nouvel échelon dans notre étrange relation ? Allais-je passer la serpillière habillée comme une princesse ? J’étais méfiante.

— Notre bon Roi Thranduil veut que tu mettes cette robe pour ce soir, ainsi que cette parure, me dit-elle en sortant des bijoux d’une magnificence telle que je faillis m’étouffer à leur vue.

Elle était sérieuse ?!

— Mais… bégayai-je totalement désarçonnée. Il se passe quoi exactement là ? Il reçoit la reine d’Angleterre ? Et je croyais que tu voulais que je t’aide à des « travaux » ? ne puis-je m’empêcher de lui rappeler totalement incrédule.

— Ce soir, me dit Liamarë, ignorant totalement mes questions. Notre Roi dîne avec le Seigneur Celeborn, l’époux de la Dame Galadriel, qui est arrivé dans la journée.

— Oh ! m’exclamai-je, et il souhaite que j’y assiste ?

C’était dingue ! Qui étais-je dans leur vie pour qu’ils me permettent tant de privautés ? Une douce chaleur se diffusa dans ma poitrine. Je ne pouvais m’empêcher d’être touchée que Thranduil ait souhaité ma présence à ses côtés. Bien que je reconnaisse que ce fait était des plus étranges.

— Non, Cerise, commença Liamarë inconsciente de la déception qu’elle allait me causer. Il ne voulait pas de toi dans un premier temps. C’est le Seigneur Celeborn qui a lui-même insisté pour que tu y assistes.

Une intense douleur dans le cœur faillit me mettre à terre. Je me mordis la lèvre inférieure pour éviter de hurler ma rage que je sentais grimper en même temps que les larmes qui voulaient s’échapper de mes yeux.

— Tu viens de briser mon si joli rêve, marmonnai-je, en tentant de chasser cet odieux sentiment de trahison qui me donnait envie de vomir.

J’avais cru que je comptais un peu pour ce Roi en dehors de ma condition d’humaine venant d’un autre monde. Je pensais qu’il me… Mais je pensais quoi au juste ? Qu’avais-je espéré finalement ? Qu’est-ce que je pouvais être stupide parfois !

— Pardon ?

— Non, laisse tomber, soufflai-je en essayant de penser à autre chose.

C’est dans un état second que je me laissai pomponner par la jeune femme qui, encore une fois, se prit pour une Christina Cordula en version elfique. Même si je n’y étais pas habituée, je dus avouer que c’était assez plaisant de se faire apprêter comme une princesse par quelqu’un d’autre que soi. Un sourire vint éclairer mon visage. Une simple pensée venait de chasser ma tristesse : j’allais rencontrer Celeborn ! Mine de rien, j’espérai qu’il soit plus beau et qu’il ait l’air moins vieux que l’acteur qui l’interprétait dans mon monde. Je n’étais pas fan de lui et j’avais été déçue du rôle qu’il avait interprété à l’écran. Rien à voir avec Craig Parker ou Orlando Bloom qui déclenchaient invariablement mon bavomètre de fangirl assumée. Voilà pourquoi j’aimais penser à des choses frivoles, cela m’évitait de sombrer dans la dépression. J’étais une adepte de La Pensée Positive !

— Cerise, s’il te plaît, ce soir, essaie de te tenir tranquille et de ne pas trop te montrer désagréable, m’ordonna Liamarë d’un ton qui se voulait sévère.

J’exhalai un long soupir avant de répondre :

— Oui maman, promis, je serai aussi sage qu’une image. Dis, tu penses que j’aurai droit à un bon point après ?

Que pensait-elle que j’allais répondre ? Sans le vouloir, elle m’avait quasiment insultée en ne prenant aucun gant avec moi et elle en rajoutait une couche en plus.

— Tu es impossible, dit-elle.

— Je sais. Impossible est mon deuxième prénom, grognai-je.

Elle alla chercher un grand miroir pour me montrer son travail dont elle semblait très fière.

Quand je me levai pour m’admirer, je ne pus que retenir mon souffle devant ce que Liamarë avait fait de mes cheveux.

— C’est magnifique, murmurai-je osant à peine toucher ma coiffure.

— Tu es très belle, Cerise, et tu as perdu un peu de poids. Cela te va bien.

Je secouai la tête. Je n’étais pas belle. Agréable à regarder, peut-être, mais belle ? Et puis c’était quoi le problème avec mes bourrelets ? Je les aimais bien, moi. Cependant, je devais admettre qu’avec cette coiffure, ces bijoux et cette robe… C’était la tenue la plus osée que j’aie jamais portée de ma vie. Elle mettait mes formes féminines en valeur et jouait avec les ombres et les déliés de mon corps. C’était une tenue pour séduire sans être vulgaire pour autant. Était-ce Liamarë qui l’avait choisie ou bien… ?

— Liamarë, tu es sûre que ce vêtement est assez décent pour un dîner formel ?

La traîtresse ne me répondit pas, mais quand je croisai son regard brillant dans le miroir, je compris qu’elle en savait bien plus qu’elle ne voulait me le dire.

— C’est le Roi qui l’a choisie pour toi, je ne fais qu’obéir à ses ordres.

Quelques minutes et quelques recommandations – comment me tenir, ne pas parler à tort et à travers – plus tard, mon amie me conduisit non pas dans les appartements royaux, mais dans une autre aile découverte du palais.

Curieuse, de savoir où nous nous rendions, je lui posai la question.

— Pour les dîners officiels, cela se passe ailleurs, me dit-elle tout en continuant à marcher sans se retourner.

— Oh ! dis-je, ne sachant quoi répondre d’autre.

Nous continuâmes d’avancer parmi les longs couloirs suspendus et je bénis le ciel de ne pas avoir le vertige. Alors que j’allais lui demander si c’était encore loin, je vis une salle ouverte dont le plafond était retenu par des colonnes de troncs d’arbres entrelacés de lierres montants. Nous grimpâmes quelques marches avant de nous retrouver devant une très belle table ovale dressée de ses plus beaux couverts en argent. Ça brillait de partout. J’avais appris durant les quelques semaines passées ici que ce cher Roi Thranduil aimait à la folie tout ce qui brillait. Peut-être que dans une autre vie il avait été une pie, qui sait.

Avisant les lieux, je vis que nous étions arrivées les premières. Liamarë se rapprocha de moi, l’air sombre.

— Écoute-moi bien, Cerise, je ne vais pas te le cacher plus longtemps, mais tu dois te douter que j’ai compris ce qu’il se passait avec Sa Majesté Thranduil, et je ne suis pas la seule.

— Liamarë, protestai-je. Je ne sais même pas comment ça a pu arriver ! Quoi, je veux dire, tu m’as bien vue ? Qu’est-ce qu’il peut me trouver d’attirant ? Je n’ai rien d’une sylphide elfique.

Non pas que j’essayais de me rabaisser, mais il fallait quand même avouer qu’entre moi et sa dernière maîtresse en date il y avait une sacrée différence.

— Tu ne peux pas revenir dessus, Cerise, soupira Liamarë. Je souhaitais juste te demander de ne pas trop offenser notre Roi. Tu sais – elle semblait chercher ses mots avec soins – il peut se montrer affable et aimant à sa manière si tu t’y prends bien avec lui. Il te traitera avec respect et sans doute un jour avec tendresse.

L’entendre proférer cet avertissement à mon encontre me fit comprendre à quel point ma situation était réelle, plus réelle que je ne le voulais. Je n’avais pas désiré cela, je ne m’y étais pas préparée non plus et j’avais du mal à l’accepter ; même si on fond, j’étais un peu flattée qu’un tel personnage puisse s’intéresser à moi. Mais tout me semblait trop beau.

— Chère Liamarë, débutai-je avec une certaine lassitude dans la voix. Tu essaies de me protéger et je t’en remercie. Tu es une elfe que j’apprécie énormément, je t’assure, mais je suis fatiguée, et je n’ai pas vraiment envie d’entendre quelqu’un qui me dise comment je dois me comporter avec un homme. Je suis assez grande pour savoir ce que je dois faire et tu n’es pas ma mère.

— Oui, Cerise, avec un homme, mais pas avec un Roi, encore moins avec le Roi des Elfes ! protesta-t-elle vigoureusement.

Elle ne me lâcherait pas la grappe si facilement avec ça, songeai-je un brin contrariée.

— Je ferai mon maximum pour être gentille et tout ! m’exclamai-je à bout. Cependant, ne m’en demande pas trop non plus. Là d’où je viens, les filles, les femmes ne s’écrasent pas devant les hommes. De plus, le dernier Roi que nous avons eu, nous lui avons coupé la tête alors… Autant te dire que je n’ai pas été élevée dans l’idée de courber l’échine devant un p’tit con prétentieux, tout ça parce qu’il dirige tout un peuple.

Elle m’avait salement énervée avec ses maudites recommandations de mère maquerelle. À tel point que j’avais débité ma tirade avec force et conviction. J’allai ajouter un dernier mot quand je m’aperçus que Liamarë me faisait de grands signes, la mine choquée puis atterrée. Ce n’est qu’en me retournant que je compris ce qu’elle voulait me signifier.

Allons donc, je n’étais plus à cela près n’est-ce pas ?

Devant moi se tenait Thranduil, toujours fidèle à lui-même. Bien qu’il ne laissait rien transparaître ni sur son visage et encore moins dans son regard, je sus qu’il était furieux contre moi et il y avait de quoi. Quant à celui qui était avec lui, je dus prendre sur moi pour ne pas laisser tomber ma mâchoire par terre. Jamais je n’avais vu un tel homme. Il était encore plus sublime que dans mes délires les plus fous. Ses longs cheveux blond argenté tombaient telle une rivière de diamants de part et d’autre de sa personne. Ils lui arrivaient presque aux pieds. Sur son front, était scindée, une couronne brillant de mille éclats. Son visage… Oh mon Gieu son visage, il semblait sans âge, sans ride, et même si au premier regard ce faciès me mit un peu mal à l’aise, je me détendis très vite en voyant son sourire éclairer des yeux identiques aux joyaux qu’il portait sur lui. Je sus, bien avant que Thranduil ne me le dise, à qui j’avais affaire. C’était une évidence même.

Hypnotisée par cette apparition féérique, je fis la plus belle révérence qu’il m’ait été donné de faire.

Au loin, je crus entendre Liamarë glousser.


Thranduil


Tandis que Celeborn et moi-même discutions des derniers évènements en cours, nous entendîmes des voix provenant de la salle où le dîner devait avoir lieu. Il s’agissait de Cerise et de Liamarë, enfin surtout de Cerise. Fronçant les sourcils, je priai les Valar pour que ma petite humaine ne se fasse pas remarquer par des paroles stupides et désobligeantes envers notre invité. Bien sûr, et comme toujours quand il s’agissait d’elle, je me trompais. Ne montrant pas que cela m’affectait outre mesure, je jetai un coup d’œil à Celeborn qui affichait un visage amusé. Allons donc.

— Voici le Seigneur Celeborn, l’époux de la Dame de la Lothlórien, commençai-je appréhendant une nouvelle bévue de ma protégée.

Le visage de Cerise affichait un air assez choqué, voire pétrifié. Toutefois, elle semblait totalement captivée par notre invité. Tant mieux, pensai-je, si cela pouvait lui permettre de tenir sa langue pendant tout le dîner, cela m’irait parfaitement.

— Oh, mon Gieu, vous êtes vraiment le Seigneur Celeborn ? commença-t-elle, toujours fidèle à son langage libre de toute réflexion intelligente.

— Oui, c’est bien moi, rétorqua gentiment ce dernier. Vous savez, dit-il à Cerise avant de se retourner vers moi, mon épouse a vu votre arrivée parmi nous il y a de cela plusieurs lunes.

Dire que ces propos me laissaient perplexe était encore trop peu dire.

— Que sous-entendez-vous par là ? demandai-je poliment, levant la main en même temps vers Cerise pour qu’elle se taise.

— Comme vous le savez, ma Dame a le don de prescience. Elle voit les choses. Elle a vu cette jeune personne arriver en Terre du Milieu. Cependant, continua-t-il en s’avançant vers elle, vous ne deviez pas arriver ici. Nous vous attendions en Lothlórien. Il est tout à fait étrange que le destin se trompe tant.

Elle ne fait jamais rien comme on le voudrait, me dis-je pour moi-même, et c’était vrai. Plus je passais de temps en sa compagnie et plus elle m’intriguait. Elle ne faisait rien comme tout le monde et son imprévisibilité était aussi rafraîchissante qu’irritante. Elle faisait bien des efforts pour tenter de se plier à nos mœurs, mais n’y arrivait pas, comme si tout ce que nous lui inculquions glissait sur elle comme sur les plumes d’un canard. Cerise, cette petite humaine, semblait aussi libre et hors d’atteinte que le vent… Et j’avais toujours désiré ce qui était impossible à avoir. Elle représentait un défi de taille que j’avais accepté de relever avec joie. Une étincelle dans ma vie morne et devenue bien trop prévisible. Et puis, je voulais comprendre pourquoi mon âme semblait irrémédiablement attirée vers la sienne.

Je fus tiré de mes réflexions par le rire de Celeborn. Clignant des yeux, je le vis en pleine conversation avec la jeune femme. Cerise semblait heureuse et avait les yeux qui pétillaient de bonne humeur. Mais de quoi pouvaient-ils bien parler exactement ? Saisi par la curiosité, je m’approchai doucement d’eux.

— Vraiment, répliqua Celeborn, vous voulez dire que dans votre monde, notre histoire et ce que nous sommes est relaté dans des recueils ?

— Pas exactement, répondit Cerise plus amusée que jamais, en fait vous n’êtes qu’une histoire inventée par un écrivain du nom de Tolkien.

— Intéressant, commenta Celeborn en se tournant vers moi. – Dites-moi Thranduil, n’avons-nous pas connu un homme qui portait ce nom ?

Maintenant qu’il me posait la question, je me rappelai effectivement d’un humain assez étrange qui aimait retranscrire « pour la postérité » disait-il, toutes les batailles et autres peccadilles qui se déroulaient en Terre du Milieu. Cependant, ceci n’était pas son seul apanage, nous avions connu un Hobbit du nom de Bilbo qui avait fait la même chose, passant le flambeau à son neveu par la suite.

— Incontestablement, je m’en souviens aussi.

— Il racontait nos histoires dans un immense cahier qu’il ne quittait jamais, se souvint avec nostalgie Celeborn.

— Certes, répondis-je, mais il ne fut pas le seul à le faire. Rappelez-vous Bilbo ou bien encore son neveu, Frodo, qui continue à le faire d’ailleurs…

— Pardon, me coupa Cerise, les yeux écarquillés de surprise, vous êtes en train de me dire que vous auriez connu Tolkien. Ici ? Mais c’est impossible puisqu’il vient de mon monde. La Terre tout Court !

— La Terre tout Court ? répéta Celeborn intrigué.

Je faillis avoir un geste parfaitement humain en levant les yeux au ciel. Ce n’était pas bon signe si cette petite Cerise commençait à déteindre sur moi.

— En fait, c’est juste la Terre, mais c’est une façon d’expliquer que je ne viens pas d’ici.

— Je vois, répondit Celeborn amusé. Vous êtes une étrange personne, Cerise, mais je sens une très grande force en vous.

C’est sur ces dernières paroles que le repas fut enfin servi. La conversation s’orienta tout naturellement sur des sujets bien moins triviaux et bien plus intéressants. Celeborn et moi-même nous mîmes d’accord concernant l’avenir de ces terres.

— D’ici quelques mois, cette forêt sera aussi pure qu’au premier jour de sa création, m’exposa Celeborn fier de lui.

— Les Galadhrims ont fait de l’excellent travail, convins-je envers mon allié et néanmoins ami.

— Oui, mais ils n’étaient pas seuls, protesta-t-il. Vos soldats étaient on ne peut plus aguerris, mais en sous-nombre, hélas.

— C’est un fait, dis-je d’une voix dure.

— Cependant, reprit Celeborn, je suis étonné de ne pas encore avoir vu votre fils à vos côtés.

Ah, mon fils… D’une certaine manière Cerise et lui se ressemblaient étonnamment, aussi libre l’un que l’autre, suivant les travers de leur cœur.

— Legolas parcourt la Terre du Milieu avec son ami, répondis-je non sans une certaine aigreur dans la voix. Il veut en avoir vu ses moindres recoins avant de partir pour Aman.

À ces mots, je vis l’air jovial de mon interlocuteur déserter son visage.

— Aman… Ma Dame part pour les Havres Gris à la prochaine lune, m’avoua-t-il sombrement.

Je pouvais sentir toute la peine contenue dans cette simple phrase. Laisser partir l’être aimé, même pour quelques mois, était toujours pénible ; un acte des plus difficiles… Une terrible épreuve pour ceux qui la vivaient. Je ne pouvais que m’incliner devant cet ellon qui faisait passer ses derniers devoirs avant les élans de son cœur. C’était aussi à cela que nous reconnaissions la véritable valeur d’un roi, d’un gouverneur d’exception ; une inspiration pour tout un chacun.

— Avant de partir à mon tour, reprit Celeborn, j’aimerais voir avec vous certains points, Thranduil, concernant l’annexion d’une partie de Mirkwood par la Lothlórien, comme nous l’avions convenu avec ma Dame lors de notre dernière entrevue.

— Bien sûr, c’était prévu, dis-je en m’appuyant plus confortablement contre le dossier de mon fauteuil. Nous pensions aussi rétrocéder une autre partie aux hommes, les Forestiers. Nous avons fait de mauvais choix par le passé qui ont failli coûter bien plus qu’un bout de terre, avouais-je le cœur un peu lourd.

— Vous faites bien, Thranduil, car après tout, le temps des elfes est révolu. D’ici quelques mois, celui des hommes sera à son apogée tandis que les derniers d’entre nous vogueront vers les Terres Tranquilles et Immortelles des Valar.

C’était une évidence qu’aucun de nous ne remit en doute.


Cerise


C’était le repas le plus ennuyeux auquel il m’ait été donné d’assister. Déjà qu’en temps normal, la politique et moi ça faisait deux, alors la politique étrangère… Autant dire que je faillis ronfler pour de bon, la tête avachie sur la table. Quelle honte, franchement. Pour ne pas sombrer définitivement, je me mis à dévorer tout ce qui nous était présenté à manger. C’était vraiment bon en plus, et j’avais des bourrelets à remplumer, l’air de rien.

J’entendis vaguement les deux elfes évoquer Aman et la fin du temps de leur peuple, mais cela me passait un peu par-dessus la tête. Doucement, mais sûrement, je m’enfonçai un peu plus dans mes songes tout en prenant garde à rester éveillée. À tout le moins, j’essayais.

Finalement je dus m’endormir, car je fus tirée d’un merveilleux rêve – où encore une fois mon prince charmant qui n’avait toujours pas d’identité propre, me prenait dans ses bras et me caressait le visage –, par quelqu’un qui me déposa délicatement dans ce qui devait être un lit moelleux. Bien plus moelleux que celui qui m’avait été donné. Totalement dans les vapes, je pus sentir une main fraîche frôler doucement mon bras nu et… N’étais-je pas censé être à un dîner ? Choquée, je me mis à haleter avant de me redresser d’un bond. Devant moi se tenait Thranduil qui était assis en robe de chambre. Il me dévisageait comme s’il ne savait toujours pas quoi faire de moi.

Sonnée, je compris toutefois que mon rêve n’en avait été un qu’à moitié.

— Vous m’avez portée jusqu’ici, dis-je, choquée, le souffle court dû à mon brusque réveil.

Je le fus encore plus quand je me rendis compte que je me trouvais dans sa chambre à coucher.

— Vous vous êtes endormie à table, Cerise, me réprimanda-t-il plus sombrement, mais il ne semblait pas furieux.

— Oh non ! balbutiai-je, je suis désolée, je ne voulais pas, mais…

— Vous ronfliez, me coupa-t-il. Vous ronfliez si fort que Celeborn m’a demandé si vous étiez sûre de ne pas avoir du sang de nain dans les veines.

— Pardon ? Mais non, enfin non, je ne suis pas une naine, et comment ça je ronfle ?

Je mis un moment à comprendre que le Sacro-Saint Roi blaguait ! Thranduil blaguait, demain il allait neiger des elfes de maisons* en apéricub’ congelés.

— Vous n’êtes pas drôle, dis-je en bougonnant un peu.

C’est vrai quoi, j’avais voulu faire bonne figure devant le grand Celeborn et encore une fois, je m’étais lamentablement ramassée. Toute à mon affliction, je ne vis pas que Thranduil me caressait toujours doucement le bras. Ce ne fut que lorsqu’il remonta vers mon épaule que je m’aperçus de son manège. Intriguée, je le dévisageai. Il m’observait lui-même d’un drôle d’air. Ses yeux étaient plus sombres, son regard intense. Je sentis mon pouls s’affoler à l’évocation de ce que cela signifiait.

— Je voulais prendre mon temps avec vous, Cerise, mais Celeborn, ce soir, m’a rappelé que je n’avais plus ce luxe.

J’écarquillai les yeux. Il avait parlé de notre étrange relation avec le mari de Galadriel ? Mais il était malade ?!

— Vous avez parlé de nous au Seigneur Celeborn ?

— Certainement pas, répondit-il.

— Mais alors, je ne comprends pas ?! insistai-je.

Soupirant, mais ne m’ayant toujours pas lâchée, il me répondit :

— D’ici quelques lunes, les miens et moi-même partirons à notre tour pour notre dernière demeure. Nous ne nous reverrons jamais, Cerise.

Étrangement, ce constat m’affligea bien plus que je ne l’aurais cru. Bientôt, je serais débarrassée de lui. J’aurais dû m’en réjouir, mais cela voulait aussi dire que j’allais me retrouver à nouveau seule et sans défense dans un univers que je ne comprenais ni n’acceptais réellement.

Je ne me rendis compte que je pleurai que lorsqu’il m’en fit la remarque.

— Pourquoi pleurez-vous Cerise ?

— Parce que vous allez m’abandonner, soufflai-je.

Qu’est-ce que j’allais devenir s’il me laissait seule ici ? Il n’y aurait plus Liamarë ni Tamril et encore moins Finlenn. Mais pourquoi étais-je tombée en Terre du Milieu si près de la fin ? Il n’y avait rien pour moi ici, hormis l’amertume d’avoir soit raté quelque chose d’extraordinaire, soit de ne pas comprendre ce que la destinée m’avait réservée. Et si c’était tout simplement une erreur ? Le seigneur Celeborn n’avait-il pas dit que sa femme m’avait vu arriver en Lothlórien ? Et si jamais c’était là-bas qu’on avait vraiment eu besoin de moi et à un autre moment ? Thranduil me sortit de mes pensées en me prenant le menton entre ses doigts. Son visage était à quelques millimètres du mien. Ses yeux semblaient fouiller dans les profondeurs de mon âme.

— Vous réfléchissez trop, Cerise, me souffla-t-il. Ce n’est ni le moment ni le lieu.

Je voulais lui rétorquer quelque chose de bien senti, mais ses lèvres se posèrent sur les miennes, m’effleurant tel un battement d’ailes de papillon, pleines de délicatesse. Avais-je vraiment envie de me faire embrasser par cet elfe, ce Roi avec lequel j’étais en conflit depuis mon arrivée ? La part rebelle en moi voulait le repousser, mais les propos de Liamarë me revinrent en mémoire. Et puis, est-ce que ce baiser me dégoûtait ? Bien sûr que non, bien au contraire. Abandonnant la partie, mon esprit obtus se mit sur off pour de bon. Parfois, cela pouvait faire du bien de se laisser aller. J’aurais tout le temps demain de regretter cette faiblesse. Je sentis que la boule d’angoisse que j’avais au ventre s’était muée entre autres choses. Une sorte de feu me rongeait de l’intérieur. Enhardie par ce premier pas qui ne venait pas de moi, j’ouvris la bouche et effleurai de ma langue les lèvres pleines et si tentantes de ce Roi qui pouvait se montrer si glacial et inhumain la plupart du temps. Il ne me repoussa pas, bien au contraire, il me prit par la taille pour m’installer à califourchon sur lui. Retrouvant une certaine assurance, je nouai mes bras autour de son cou et de ses cheveux. Comme ils étaient doux. Je dus prendre sur moi pour ne pas les lui caresser à pleines mains.

Nous restâmes enlacés ainsi un instant, savourant le contact de l’autre, puis je sentis la langue de Thranduil effleurer la mienne et je crois que c’est là que mon cerveau se déconnecta tout à fait. Il avait le goût du vin sucré et j’aimais ça, tout comme j’aimais sa manière d’embrasser, à vous faire perdre pied. Très vite, sa langue quitta ma bouche pour venir chatouiller mon cou et redescendre jusqu’à la clavicule. Je crois que ma réaction nous surprit tous les deux. Je ne savais même pas que le cou pouvait être une zone érogène… Et bien maintenant, je savais. J’étais terriblement excitée, mais malgré tout, je fus gênée quand il tenta de remonter ma robe jusqu’à ma taille pour me faire enlever ma culotte. J’étais totalement trempée par ce qu’il me faisait et j’avais un peu honte qu’il puisse le voir ; qu’il s’en rende compte.

— Non, protestai-je quand il commença à la descendre le long de mes cuisses.

— Laissez-moi faire, Cerise.

À son regard, je sus qu’il n’admettrait aucune réprobation de ma part. Soupirant, je me laissai retomber sur le lit en fermant les yeux ; vaincue. Une fois qu’il eut retiré ma culotte, il m’écarta légèrement les jambes et je sentis son index sonder mon intimité. Les sensations me firent oublier la gêne que j’avais pu avoir quelques secondes auparavant. Délicatement, il s’allongea à son tour à mes côtés et reprit mes lèvres pour un baiser des plus passionnés tandis qu’il me faisait du bien avec ses doigts.

Il ne fallut que quelques minutes pour que j’atteigne l’orgasme. Mes cris d’extase furent étouffés par la bouche de celui qui était en train de devenir mon amant. Une fois repue, je me sentis tellement bien, que j’avais l’impression de planer ; j’avais très envie de dormir.


Thranduil


Cela faisait quelques minutes que ma petite humaine s’était endormie après son orgasme. Une part de moi voulait la renvoyer dans sa chambre, mais je n’arrivais pas à me résoudre à la laisser partir. J’avais été bien plus loin avec elle ce soir que je ne l’avais prévu au départ quand je l’avais ramenée ici. Cependant, les paroles de Celeborn au cours du dîner m’avaient passablement ébranlé. Tandis que nous discutions de propos politiques et sociaux, Cerise s’était endormie à table. Loin de lui en vouloir, Celeborn l’avait regardée d’un œil attendri, lui trouvant le prétexte que les humains avaient du mal à tenir debout à une heure si tardive. Car oui, il était déjà assez tard. Les elfes n’avaient pas une notion du temps comme les hommes. Avant de prendre congé de nous, il avait émis le souhait d’avoir un entretien privé avec elle dès le lendemain avant qu’il ne reprenne la route avec ses gardes pour la Lothlórien. Je le lui avais accordé puis je m’étais occupé d’elle personnellement.

Bien avant cette soirée, je m’étais décidé à prendre un nouveau chemin avec elle. J’aurais aimé la courtiser plus longuement et continuer à en apprendre davantage sur son monde et ses mœurs, mais une partie bien plus charnelle de mon être s’était éveillée comme le nouvel intérêt que je lui portais. Je ne voyais pas où tout cela allait nous mener. Une part de moi se sentait coupable pour ce je venais de lui faire. Nous avions été trop loin, néanmoins j’avais pu voir qu’elle était aussi passionnée dans un lit que dans la vie de tous les jours. De cela, je ne m’étais pas trompé. Délicatement, je défis la parure qui lui cerclait le cou ainsi que les autres bijoux qui décoraient ses cheveux. Je devais convenir que ce soir, elle nous avait fait honneur malgré une sortie ratée. Prestement, je me levai et me délestai de ma robe de chambre. Prêt pour la nuit, je contournai le lit pour m’y allonger à mon tour. J’étais terriblement frustré et mon désir pour elle était à son apogée, mais, la sachant innocente, il était important de prendre tout le temps qu’il serait nécessaire, et ce dans la limite de celui qui nous était imparti.


Cerise


Quand je repris conscience derrière mes paupières fermées, je sus qu’il était encore assez tôt. Bizarrement, les événements de la nuit dernière me paraissaient assez flous. Puis j’avais fait un drôle de rêve érotique dans lequel Thranduil me montrait à quel point il savait y faire avec sa langue, sa bouche et ses doigts. Il avait été doux et attentif à mon plaisir. Bien sûr, je savais qu’un tel comportement de sa part n’était possible que dans mes songes les plus délirants. Le vrai Thranduil n’aurait jamais pris le temps de me faire grimper aux rideaux comme il l’avait fait. Pourtant, lorsque j’ouvris les yeux, je sus que je me trompais lourdement. Déjà, je n’étais pas dans mon lit, mais ailleurs et puis, en glissant ma jambe vers une chaleur suspecte, j’eus la certitude que je n’avais pas dormi toute seule cette nuit.

Par tous les dieux de l’enfer, j’avais eu un orgasme devant le père de Legolas. Nom de Gieu ! Le père de Legolas m’avait fait jouir avec ses doigts. En y repensant, une drôle de chaleur incendia mon pubis. Toutefois, il allait falloir que je fasse mon deuil de mon amour à sens unique pour l’elfe blond qui faisait battre mon cœur depuis que j’avais vu les films du Seigneur des Anneaux. Bon OK, Orlando Bloom avait grandement contribué à ce fantasme et je me demandais vraiment à quoi le vrai Lego’ pouvait bien ressembler.

Prenant mon courage à deux mains, je me décidai à quitter la chaleur du lit royal pour retourner dans le mien. Cependant, avant de partir je voulus regarder une dernière fois cet elfe pour lequel mes sentiments jouaient au yoyo continuellement. Ce que je vis me tétanisa de la tête aux pieds ! Ce n’était pas possible. J’étais en train de faire un cauchemar, ça ne pouvait pas être vrai. Il était là, allongé sur le dos, les yeux grands ouverts et aussi raide que…

— Oh non, putain de bordel de dieu ! m’exclamai-je en jurant comme un charretier. Il était mort ?!


Tamril


Était-ce possible de ruminer autant comme je le faisais depuis que j’avais appris les nouvelles ambitions de notre Roi envers ma Cerise ? Je ne me le cachais plus, de toute façon, cela ne servait à rien. Oui, j’étais irrémédiablement tombé amoureux d’une humaine. J’avais toujours cru que ce genre de chose ne pouvait arriver qu’aux autres. Eh bien, non, je l’étais et contrairement à ce que j’avais pensé, Manwë Sulimo ne m’avait pas transpercé d’un éclair pour ce parjure envers les miens. En début de nuit, j’avais aperçu Liamarë et une elfine en pleine conversation. Tendant l’oreille, j’avais discerné le prénom de celle qui avait volé mon cœur et je m’étais approché sans faire de bruit. Cerise allait passer la soirée avec notre Roi et le Seigneur Celeborn. Je me demandais bien pourquoi. Apparemment, ma petite humaine était de toute beauté et je regrettai de ne pas pouvoir la voir de mes propres yeux. Au lieu de cela, je passai ma soirée à boire des tisanes avec Galion qui, pour ne pas déroger à sa bonne réputation, s’était honteusement servi dans les caisses de vin personnelles du Roi. Grand bien lui fasse ! Pendant une partie de la nuit, nous avions évoqué nos souvenirs des temps anciens ; de la dernière fois que nous avions laissé échapper l’un de nos prisonniers, non sans me lancer un coup d’œil pour lequel je faillis lui répondre avec mes poings. Il ne fallait pas trop me chercher quand je n’étais pas d’humeur.

Finalement lassé, je décidai de regagner ma chambre quand un hurlement aigu me fit sursauter. Lorsque je reconnus cette voix, mon cœur se mit à battre comme s’il tentait de sortir de ma poitrine. Par tous les Valar ! m’alarmai-je, qu’arrivait-il encore à ma Cerise ? Étions-nous attaqués ?!

À Suivre


Annotations

*Elfes de maisons : créatures sortant tout droit de l’imagination de J.K. Rowling et provenant de sa saga, Harry Potter dont Cerise est très fan.

* Cerise aurait aimé tomber dans le monde du Seigneur des Anneaux pendant la dernière quête de l’anneau… comme dans toutes les fics. Malheureusement, elle devra faire avec ce qu’elle a.

* Après la destruction de l’Anneau Unique et donc de Sauron, il a fallu encore éradiquer ce qu’il restait de ténèbres en Terre du Milieu. Pour ce qui nous concerne dans cette histoire, ce fut Galadriel et Celeborn qui prêtèrent main-forte aux elfes de Mirkwood pour assainir la forêt et détruire la forteresse de Dol Guldur. Il faut savoir qu’une partie des terres jouxtent celles de la Lothlorien.

A propos Annalia 85 Articles
Jeune quarantenaire ayant trois enfants. J’aime écrire sur les univers que j'affectionne et les tordre à ma convenance dans différentes fanfictions ou dans des histoires originales

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